ACTE IV, SCÈNE VII
Que je suis obligée à sa lâche imposture, Qui rend à mes tmvaux leur fruit avec usure! En mon contentement sois aussi satisfait , Et ne me venge point du plaisir qu'il m'a fait.
CÉLIDOR.
Traitez comme il vous plaît son offense infinie ; Vous étant découverte, elle est assez punie. Votre commandement lui conserve le jour , Et j'aurai seulement des sentimens d'amour. Bannissez tout soupçon, et croyez que Céphise Se vanteroit à tort du plaisir de ma prise : Je ne méprise point ses rares qualités, Mais vos charmes plus doux ont mes yeux enchantés.
NÉRÉE
Elle s'en est vantée.
CÉLIDOR.
O vanité frivole!
NÉRÉE
Et portoit des cheveux qui prouvoient- ses paroles.
CÉLIDOR.
Des miens?
NÉRÉE
Oui , je le crois.
CÉLIDOR.
Perdez ce sentiment:
Elle vous rend suspect un trop fidèle amant. On dit qu'elle m'estime à l'égal de sa vie ; Mon frère contre vous seconde son envie, Et croyoit ruiner notre commun dessein : Mais, grâces à l'Amour, leur artifice est vain, Nos esprits réunis, leur fourbe découverte. Et mes jours conservés au moment de ma perte.
59a LE FILANDRE,
NÉRÉE
Je défie avec toi les traverses du sort : Tout mon plaisir renaît si mon frère n'est mort; Mais déjà de son corps son âme est séparée, Si ma crainte n'est vaine
THÉANE.
Espère mieux, Nérée; Par un commun repos nos vœux seront contens ; Cherchons-le toutefois , ne perdons point de temps. Je suivrai ce sentier. ,
WÉRÉE.
Et nous par cette route Nous chercherons quelqu'un qui nous tire de doute.
FIN DU QUATRIÈME ACTE