‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 436 sur 442 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

THIMANTE, sortant d'une île.

Destins, dont la rigueur s'obstine à me poursuivre. Enfin permettez-moi de mourir ou de vivre; Que l'astre de mes jours force sa cruauté , Ou que par sa rigueur le jour me soit 6té. L'enfer, d'intelligence avec cette inhumaine Qui nourrit si long-temps ma douleur et sa haine. Comme elle, a rebuté le tribut de mes jours; La Mort comme l'Amour me manque de secours: Je revois ces beautés dont la plaine est pourvue, Et le soleil encor se présente à ma vue. Qui t'a fait, inhumain et barbare élément, Avec cette beauté compléter mon tourment? Vaste empire des vents, triste lieu des naufrages, Tombeau de tant de morts, source de tant d'orages Que ton sein à ce corps refuse un doux trépas. Et que tu m^es cruel en ne me Tétant pas! Ta rage si souvent a fait des homicides. Et tu m'as rejeté de tes grottes humides! Quel accident fatal a remis sur tes bords Ce triste , languissant et déplorable corps?

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