DES FONDEMENTS DE LA PERSUASION POSITIVE
un contrat. La première espèce pourrait s'appeler preuve demi-préconstituée.
Sixième division : preuves indépendantes de toute autre cause, et preuves d'emprunt. Si le témoignage produit est tiré d'une cause antérieure, s'il se rapporte à des dépositions qui ont passé par un examen judiciaire , soit dans le même pays , soit dans un pays étranger , cette preuve peut recevoir la dénomination de preuve empruntée.
Il est nécessaire d'avoir une expression particulière pour les signaler , parce qu'il y a bien des observations à faire sur ce genre de preuves. Ce n'est point ici que nous devons les placer.
Septième division : témoignage original et moriginal.
Le témoignage est original lorsque le témoin qui dépose devant le juge sur le fait en question est la personne identiqne qui avait été présente au temps et au lieu dont il s'agit, et qui avait reçu par ses sens les perceptions dont elle rend compte.
Le témoignage peut être appelé inoriginal lorsque le témoin déposant ne parle pas d'après lui-même , mars relate ce qui a été dît par une autre personne qui est supposée avoir été présente au temps et au lieu en question , et avoir rapporté les faits d'après sa perception immédiate.
La même distinction s'applique aux écrits : ils sont originaux ou non originaux, c'esl-à-direiop/i*.
Huitième division : témoignage par/ait et témoignage imparfait.
Il ne faut pas que ce mot de perfection impose , comme s'il s'agissait d'une perfection absolue, d'une impossibilité absolue d'erreur. Il ne s'agit ici que d'une perfection relative, c'est-à-dire de celle qui résulte de l'absence des imperfections qu'il nous est donné de connaître et d'éviter.
S'il y a quelque imperfection dans la force probante d'un témoignage , elle aura son principe , soit dans \â source dont il est tiré, soit dans la forme selon laquelle il est rendu.
L'imperfection est dans la source même du témoignage lorsque l'esprit du témoin est mal disposé pour la vérité. Si la faute se rapporte à son état intellectuel , elle peut venir de la conception , du jugement , de la mémoire , ou de l'imagination : chacune de ces facultés peut être défectueuse au point d'infirmer plus ou moins tout ce qu'il avance. Si la faute se rapporte à son état moral , à sa volonté , la cause en est dans certains motifs qui, pour l'occasion présente, poussent le témoin à mentir avec une force supérieure à celle des motifs ordinaires
* Témoignage par les choses ou par tes personnes : ce qu'on appelle en anglais évidence.
i 11 y a des philosophes, et surtout dans l'école écossaise,
qui opèrent généralement en faveur de la vérité.
L'imperfection est dans la forme, je dirais presque dans le moule où le témoignage est jeté, lorsque cette forme exclut l'une ou l'autre des épreuves par lesquelles on constate son mérite, en s'assurant qu'il est exact et complet.
Ces épreuves, ces sûretés, ces garanties du témoignage seront exposées dans le plus grand détail. Toutes les espèces de preuves, selon qu'elles ne peuvent point être soumises à l'une ou à l'autre de ces garanties , seront rangées dans la classe des preuves inférieures. Nous ne les rejetterons point toutefois , puisqu'il est des cas où il faut les admettre faute de mieux, et d'autres où elles sont utiles dans le caractère d'indices. Mais ce qui est essentiel , c'est d'en bien connaître la nature.
L'absence de l'une ou de l'autre de ces garanties range une preuve dans la classe des preuves inférieures ; ces garanties manquent , soit par la nature des choses , soit par la faute des tribunaux qui ne les admettent pas. On verra ce qu'on doit penser de la négligence des législateurs et des juges qui , dans les cas les plus nombreux où ils peuvent obtenir des preuves régulières et complètes , les font descendre volontairement de cet état de prééminence dans la classe dégradée des preuves mutilées et inférieures.
Les neuf divisions principales font connaître toute la matière du témoignage '; mais si on voulait les traiter dans cet ordre, on serait entraîné dans •de fréquentes répétitions.
11 n'y a que deux classes bien distinctes, les preuves directes et les preuves indirectes. La première classe comprend le témoignage oral d'un témoin percevant, et les preuves préconstituées; la seconde classe comprend les preuves réelles et circonstancielles , et les preuves inoriginales.