PREMIER BUT
L'exemple.
La scène pénale sera placée dans le voisinage d'une métropole , le lieu qui contient le plus grand nombre d'hommes réunis, et de ceux qui ont besoin qu'on mette sous leurs yeux le châtiment du crime. L'aspect de l'édifice , la singularité de sa forme , les murs et les fossés qui l'entourent , la garde qui veille à ses portes , tout retrace l'idée de malfaiteurs enfermés et punis : la facilité de l'admission
MAISON DE PÉNITENCE. — PANOPTIQUE
ne saurait manquer d'attirer un grand nombre de visiteurs. Que verra-t-on? Des hommes privés de la liberté dont ils ont abusé , soumis au travail qui était l'objet de leur aversion , punis de leur intempérance par un régime austère ; les plus criminels couverts d'un signalement particulier qui rend sensible l'infamie du crime. Quel drame plus frappant pour la classe la plus nombreuse des spectateurs ! Quelle source de conversations, d'allusions, de leçons domestiques, de récits utiles! Quelle comparaison se fait plus naturellement à cet aspect que celle d'un travail libre et des jouissances de l'homme innocent , avec les rigueurs d'une captivité forcée ! Et cependant la peine réelle est moins grande que la peine apparente : les spectateurs qui n'ont qu'un moment à donner à ce coup d'oeil mélancolique ne peuvent pas sentir tout ce qui tempère effectivement cette situation. Les peines sont visibles, et l'imagination les exagère ; les adoucissements sont caches, et il n'y a point de mal en pure perte. La plupart même de ces prisonniers , tirés des classes souffrantes et malheureuses, sont comparativement dans un état de bien-être. Le travail les garantit du fléau rongeur des prisons , — l'ennui.