‹ Œuvres de jeunesseChapitre 48 sur 96 · XVII. — La verlu n est peut-être que la politesse de l'âme · texte numérisé non relu

XVII. — La verlu n est peut-être que la politesse de l'âme

L'amour physique CSI un besoin seu niable à la faim, à cela près que riioiiuiie man e toujours, el qu'en amour son appétit n'est pas aussi sjmleuu ni aussi négulicr qu'eu fait de tilde.

Un morceau de p.. m bis el une cruchée d'eau font raison de la faim de tous les hommes; mais noire civilisation a créé la gastronomie.

L'ami n i' a SOII moroeail de pain, niais il a aussi < el ail d'.imer. cpie lion -, appelons la i oipu llci le mot c li.u in.iul qui n'existe qu'en Kfatlcè-, où eeiie science e i uée.

Eli bien! u v a l-il pas de quoi l'aire frémir inn les maris, s'ils yii mieui à penser que l'homme est tellement possédé du besoin lotie

de changer -es mils, ipi en quelque pays sauva: t i.ù les vovie.'eiirs

aieui abordé, ils oui irouvé des boissons spirilueuscs cl dCi i gti

Mais la |'a mi o'est pa> m \ lolenle que l'amour: mais les caprices de l'âme sont bien plus nombreux, plus agaçants, plus rcl heri le- dans ban l'une que les capnt'US lie hiajsuslrnnoinie; mais loin ce ifttc les

poêles ci les evi ui laenis niiiis n n ic\ ,;li- de l'amour humain arme nos ( ï-lih.il il c- d me- puiss. »,ee terrible : ils MM les lions de l'El aiigile cherchant des pi oie a névorcr.

Ici, que chacun iuieiwpgo sa rniiscienrc, évoque ressouvenir?, et

se demande -'il a jamais rciicomre (tin : s'en soit tenu à l'a-

mour d'une seul

lionimeut. Iiélas! expliquer pour l'honneur de lous les peuples le problème résultant de trois nul wiis de pas ils brûlantes ipii ne trouvent ponrpalnre qnequalrei cul mille féuimcs.'... Veul-on distribuer ipiaire célibataires par femme, et reconnaître que le:- femmes honnêtes pourraien, fori bien avoi. établi,, par instinct, et sans le sa voir, une espèce dé roulcr.ieel entre eni et les célibataires sembla ble à celui qu'ont inventé les présidents. Je cours royales pour faire

passer leurs conseillers dans cltaq Il ihlbre les uns après les autres

au bout d'un certaiu nombre d'à m - . . Trisle manière d'éclaircir la difficulté!

Yeul-un même conjecturer que c. iruiues femmes honnêtes agissent, dan- le (lattage des célibataires, comme le lion de ia fable .'... Quoi ! une moitié au moins de nos autels serait des sépulcres blanchis!...

Pour l'honneur des dames françaises, veut-on supposer qu'en temps de paix les autres pays nous importent une certaine quantité de leurs femmes honnêtes principalement I Angleterre, rAîlcinàgne, la Russie'.'... Miiis les nations européennes prétendront établir une balance en objectant que la France exporte une certaine quantité de jolies femmes.

La morale, la religion, souffrenl tant à de pareils calculs, qu'un honnête homme, dans son désir d'innocenter les femmes mariées, trouverait quelque agrément à croire que les douairières el les jeunes personnes sonl pour moitié d.ms celle corruption générale, ou, mieux encore, que les célibataires mentent.

Mais que calculons-nous? Songez à nos maris qrii, à la honte des mœurs, se conduisent presque tous comme des célibataire*, et fout gloire, in pitto. de leurs av. n mes secrètes.

Oli ! alors, nous croyons que loin homme marié, s' I lient un peu à sa femme à l'endroit de I honneur, dirait le vieux Corne. Ile, peul chercher une corde et un clou : fœnum habel in cornu.

C'est cependant au sein de ces quatre cenl mille femmes honnêtes qu'il l'ani. lanterne en main, chercher le nombre des femmes \ertueuses de France!... En effel, par noire siaiisiique conjugale, nous n'avons retranché que des créatures de qui la soeiéte ne s'occupe réellement pas. N'est-il pas vrai qu'en France le* honnêtes qrns. Ie$ gms comme il faut, tonnent à peine le total de irois mêlions d'individus; à savoir : notre million de célibataires, i in | cenl mille femmes honnêtes, cinq cent mille maris, el un million de douairières, d'enfants el de jeunes tilles?

Etonnez -vous doue maintenant du fameux vers de Boileau ! Ce vers annonce que le poète avait habilement approfondi les réflexions mathéinatiqucni ni développées à vos yeux dans ces affligeantes .Méditalions, el qu'il n'est pas une hyperbole.

Cependant il existe des femmes vertueuses :

Oui. i elles qui n'ont jamais été tentées et c -Iles qui meurent à 1 tirs premières couches, en supposauL une leurs maris les aient épousées vierges.

Oui. relie- qui soûl laides comme la Ivaïfakatadarv des .Mille et une Nuits.

Oui. celles que Mirabeau appelle les fées cunromoivs. el qui sont composées d'atonies exactement semblables à cutis des racines de fraisier el de nénuphar; cependant, ne nous y lions pas!. t.

Puis, avouons, à l'avantage du sieele. que. depuis la restauration

de la morale cl de la religion, ei par le temps qui court, on rencontre éparses quelques renoues si morales, si religieuses, si attachées a leurs devoirs, si droites, si compassées, si roules, si veriueu-e -, si... que le Diable n'ose seulement pas 1er regarder; elles sont ll.m de rosaires, d lu ni es cl de directeurs... Illiut !

Nous n'essayerons pas de eomptef des lemmes vertuenes par bêtise, il est reconnu qu'en amour tontes les fournies oui de l'esprit.

Enfin il ne serait cependant pas impossible qu'il y oui. d.ms quelque eo n. d< s femmes jeunes, jolies cl vertueuses, de qui le mondé

ne m: doule pas.

Mais ne donne/ pas le nom de femme vci lucn-e à celle ipii. coinballanl une passion involontaire, n'a rien accordé à \\\i amanl qn\ Ile csl au ' d idol.ui er C'est la plus sanglante injure qui |

être laite à un mari ainoureii\. i.ue lui resle-t-il de <a femme' l'ne chose sans nom, nu cadiuvrti animé. Vu sein lies plarslrs, s demeure comme ce convive averti p.ii ll<>. . i.i . au indien du festin, que certains mets sont empoisonnés : il n'a plus l.iiiu. man "e du bout des dénis, on feitll de manger. Il regrette le repa- qu'il a laissé pour celui du terrible cardinal. Cl soupire après le ne in ■ i il. la fùlO élanl Unie, il pou ra se lever de laine.

QuH est le résultai de ces réflexions sur la .'Le

VOici{ m us les deux dernières maximes n" éts par un

philosophe él leetique du dix-builienie sieele.

Wlll. -- l'ne femme vertueuse a d.ms le oc ■ de moins

ou de plus que les .mires IciiuilCs : elle c-l slupule ou siililiinc.

MX. -- La verlu des femmes est peut être une UMttfen de tempe» rament.

PHYSIOLOGIE DU MATUAGF-.

XX. — Les femmes les plus vertueuses oui en elles quelque chose qui nYst jamais i/l>a-le.

XXI. — i Qu'un homme d'esprit ail des doutes sur sa maîtresse, f cria se conçoit; «liais sur sa femme'.... il faut clic par trop hèle. »

XXII. — „ Les hommes seraient trop malheureux si, auprès des t femmes, ils se souvenaient le moins du monde de ce qu'ils savent « par cœur. »

Le d'ombre des femmes rares qui, semlilables aux vierges delà parabole, oui su garder leur lampe allumée, sera toujours trop faible aux veut des défenseurs ne" la venu et des bons sentiments ; mais encore landia-i-il le retram lier de la somme totale des femmes honnêtes, et celte sousi.racJ.iou consolante rend encore le danger des maris plus grand, le scandale plus affreux, et entache d'àulaul plus le resie des épouses légitimés.

Quel mari pourra maintenant dormir tranquille à côté de sa jeune et jolie femme, en apprenant que irois célibaiaircs. au moins, soûl à l'aiïui : que, s'ils n"onl pas encore fait île dégal dans sa petite propriété, ils regardent la m. riée comnic une proie qui leur est due, qui toi ou tard leur écherra, soit par ruse, soit par force, par conipiêie ou de bonne vo'ouié? et il esi impossible qu'ils ne soient pas, un jour, victorieux dans celle lutté!

Eflrayaule conclusion '...

Ici, îles puristes en morale, les rollcts montes enfin, nous accuseront peiil-ètie de présenter des (aïeuls par trop désolants : ils voudront prendre la défense, ou des femmes honnêtes, ou des célibataires; mais nous leur avons réservé une dernière observation.

Augmentez, à volonté, le nombre des femmes bouillies, et diminuez le nombre des célibaiaircs, \ous trouverez toujours, en résultat plus d'aveniures galantes que île finîmes honnêtes; vous trouverez toujours une niasse énorme de célibataires réduils par nos mœurs à Irois genres de crimes.

S'ils restent chasics. leur sanié s'altérera an sein des irritations les plus douloureuses; ils remit nul vaines les vues sublimes de la nature, et iroui mourir de la poitrine eu buvant du lait sur les montagnes de la Suisse.

S'ils succombent a leurs leniaiions légilimes, ou ils compromettront des femmes honnêtes, et alors nous reiiirons dans le sujel de ce livre, ou ils se dégraderont par le commerce horrible des cinq cent mille femmes de qui nous avons parlé dans la dernière catégorie de la première Méditation, et, dans ce dernier cas, que de chances pour aller boire encore du lait el mourir eu Suisse!...

N'a ez vous donc jamais élé frappés comme nous d'un vice d'orga nisaliuii de notre ordre social, el dont la remarque va servir de preuve morale à nus derniers calculs?

L'âge moyen auquel l'homme se marie est celui de trente ans; l'âge moyen auquel ses passions, ses désirs les plus violents de jouis- -anres géné-iqiies se développent, est celui de vingt ans. Or, pendant les dix plus belles années de sa vie, pendant la verte saison où sa beauté, sa jeunesse el son esprit le rendent plus menaçant pour les maris qu'à toute autre époque de son existence, il resté sans trouver à Satisfaire L lui imnt cet irrésistible besoin d'aimer qui ébranle son être tout entier. Ce laps de temps représentant le sixième de la vie humaine, nous devons admettre que le sixième au moins de noire masse d hommes, et le sixième le plus vigoureux, demeure perpétuellcniciil dans une atlitude aussi fatigante pour eux que dangereuse pour la société.

— Que ne les inarie-l-on ? va s'écrier une dévole. Mais quel est lu père de bon sens qui voudrait marier son fils à vingt ans ?

Ne counail-on pas le danger de ces unions précoces ? Il semble que le mariage soit nu étal bien contraire aux habitudes naturelles, puisqu'il exige une maturité de raison particulière. Enfui, tout le monde sait que Rousseau a dit : « Il faut toujours un temps de libertinage, ou il uis un étal ou dans l'autre. C'est un mauvais levain qui ferinenle loi ou tard. »

Or, quelle est la mère de famille qui exposerait le bonheur de sa fille aux hasards de celle fermentation quand elle n'a pas eu lieu?

Il ailleurs, qu'est- il besoin de justifier un l'ail sous l'empire duquel existent loules les sociétés? N v a-l-il pas eu tout pays, comme nous l'avons démontré, une iiiuueusa quantité d'hommes qui vivent le plus honnêtement possible hors du célibat el du mariage.'

Ces bouillies ne peuver'-ils pas, dira toujours la dévote, rester dans la continence comme les préires?

liai cm il. madame.

Cepeiiil.ini nous ferons observer que le vœu de chasteté est une des plus fuites exceptions de l'état naturel nécessitées par la société; que la eonliiiciu a est le grand point île la profession du prêtre; qu'il doit être cba-le < oiiiine le médecin est insensible aux maux physiques, connue le notaire et I avoué le sont à la misère qui leur développe ges plaies, comme le militaire l'est à la mort qui l'environne sur un ehamp de bataille. De ce que les besoins de la civilisation ossifient

certaines fibres du rrrur et forment des ealus sur certaines membranes qui doivent résonner, il n'eu faut pas conclure que ions les lininiues soient tenus de sitliir ces morts partielles et exceptionnelles de l'ame. Ce serait conduire le -cure humain à un exécrable suicide Dior. I. • ' *~

Mais qu'il se produise cependant au sein il i s;,, on le plus janséniste possible nu jeune nomme de viugl-liuil ans qui ail bien précieusement g;i nié sa robe d'innocence el qui soil aussi vierge que les coqs de bruyère dont se festoient les gourmets, ne vovez-v ,us pas d'ici la femme vertueuse la plus austère lui adressant quelque compliment bien amer sur son courage, lé magistral le plus severe qui soil monté sur le siège hoeh.iul la tète el souriant, et toutes les dames se cachant pour ne pas lui laisser entendre leurs rire.? L'héroïque el introuvable victime se rclire-l-elle du salon, quel déluge de plaisanteries pleut sur sa léte iunoi ente !... Combien d'insultes! Qu'y a-t-il de plus honteux en France que l'impuissance, que la froideur, que l'absence de loute passion, que la niaiserie?

Le seul roi de rance qui n'étoufferait pas de rire serait peut-être Louis XIII ; nuis, quanta son vert galant de père, il aurait peiit-èlre banni un (cl jouvenceau, soil eu l'accusant de n'être pas français, soil eu le croyant d'un dangereux exemple.

Etrange contradiction ! un jeune homme est également blâmé s'il passe sa vie eu litre suivie, pour nous servir d'une expression de la vie de garçon' Serait-ce par hasard au profit des femmes honnêtes que les préfets de police et les maires ont de toul temps ordonné aux passions publiques de ne commencer qu'à la nuit tombante el de cesser a onze heures du soir?

Où voulez ■ vous doue que notre masse de célibataires jette sa gourme' El qui m inple- 1 -on donc ici? comme demande liasile. Esi-ce Les gouvernants ou les gouvernés.' L'ordre social e=l-il comme ces petits garvvus qui se boni lient les oreilles au spectacle pour ne pas entendre les coups de fusil? A-l-il peur de souder sa plaie .' Ou serail-il reconnu que ce mal esl sans remède el qu'il faut laisser aller les choses? Mais il y a ici une qu sliem de législation, car il esl impossible d'échapper au dilemme matériel el social qui résulte de ce bilan de la vertu publique eu fait de mariage. Il ne nous appartient pas de résoudre celte difficulté ; cependant supposons nu moment que, pour préserver tanl de familles, lanl de femmes, tant de tilles honnêtes, la société se vil contrainte de donner à des eirurs paleulés le droil de satisfaire au\ célibataires : nos lois ne devraient-elles pas alors ériger eu corps de métier ces espèces de Décius femelles qui se dévouent pour la république el fout aux familles honnêtes un rempart de leurs corps? Les législateurs ont bien eu tort de dédaigner jus qu'ici de régler le sort des courtisanes.

XXI II. — La courtisane esl une iuslilnlion si elle est un besoin. Celle quesliall est hérissée de lanl de si el de mais, que nous la

lcguotisà nos neveux; il faut leur laisser quelque chose à faire. D'ailleurs, elle esl loul à fait accidentelle dans cet ouvrage: car aujourd'hui, plus qu'eu aucun temps, la sensibilité s'est développée: à aucune époque il n'y a eu autant de mœurs, parce qu'on n'a jamais si bien senti que le plaisir vient du cnni'. Or. quel est l'homme à sentiment, le célibataire qui, en présence de quatre cenl ni Ile jeunes et jolies femmes parées des splendeurs de la fortune el des grâces de l'esprit, riches des trésors de la coquetterie cl prodigues de bonheur, voudraient aller...? Fi donc!

Mettons pour nos futurs législateurs, sous des formes claires et brèves, le résultat de ces dernières aimées.

XXIV. — Dans l'ordre social, les abus inévitables sont des lois de la nature, d'après lesquelles l'homme doit concevoir ic? lois civiles et politiques.

XXV. — L'adultère est une faillite, à celte différence près, dit Chainlorl, que c'est celui à qui l'on fait banqueroute qui esl déshonoré.

En France, les lois sur l'adultère et sur les faillites ont besoin de grandes uiodilicalions. Sont-elles trop douces? pechenl-ellcs par leurs principes ? Carrant ronsules!

Eh bien ! courageux alhlete, toi qui as pris pour ton compte la P'tile apostrophe que noire première Méditation adresse aux gens chargés d'une femme, qu'en dis-tu? Espérons epee ce coup d'œil jeté M I la question ne le l'ail pas trembler, que lu n'es pas un de ces lu"dont l'épine dorsale devient brûlante el dont le fluide nervi :ux se glace à l'aspect d'un précipice ou d'un boa runstrictor ! Eli ! II10H ami, qui a terre a guerre. Les humilies qui désirent ton argent sont en core bien plus nombreux que ceux cpii désirent la femme.

Apres loul, le. maris soûl libres de prendre ces bagatelles pu r des calculs, ou ces calculs pour des bagatelles. Ce qu'il y a de plot beau dan- la vie, c'est les illusions de la vie. Ce qu'il y a de plus icspeclable, c'est nuscroyances les plus futiles. N'exisle-l-il pas lie ncoup de gens dont les principes ne soûl que des préjugés, el qui, n'ayant pas assez de force pour concevoir le bonheur el la vertu par etu-mêmes, acceptent une vertu et un bonheur tout faits de la main

PHYSIOLOGIE DU MARIAGE

des législateurs? Aussi ne dous adressons-nous qu'à tous ces itfon/red

3 ni, pour avoir relevé trop de robes, veulent lever tous les voiles uns les moments où une sorte de spleen moral les tourmente. Pour eux, maintenant, la question est hardiment posée, et nous connaissons l'étendue du mal.

Il nous reste à examiner les chances générales qui se peuvent rencontrer dans le mariage de chaque homme, et le rendre moins fort dans le combat dont notre champion doit sortir vainqueur.

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