‹ Œuvres de jeunesseChapitre 83 sur 96 · DES ALLIÉS · texte numérisé non relu

DES ALLIÉS

De tous les malheurs que la guerre civile puisse entraîner sur un pays, le plu« grand esl l'appel que l'un des deux partis finit toujours par faire à l'étranger. Malheureusement nous sommes forcés d'avouer que ; mies les femmes onl ce tort immense, car leur amant n'est que le premier de leurs soldats, et je ne sache pas qu'il fasse partie de leur famille, à moins d'être un cousin. Celle Méditation est donc destinée à examiner le degré d'assistance que chacune des dif-

L» belle-mère. — pa«« 58

férentes puissances qui influent snr la vie humaine peut donner *> votre femme, ou, mieux que cela, les ruses dont elle se servira, pour les armer contre vous.

Deux êtres unis par le mariage sont soumis à l'action de la religion et de la société, à celle de la vie privée, et. par leur santé, à celle de la médecine : nous diviserons donc cette importante Méditation en six paragraphes : § 1. Des religions ei de la confession, considérées dans

LEDRS RAPPORTS AVEC LE MARIAGE. — § II. De LA BEI.LE-MÉRE. — § III. DES AMIES DE PENSION OD DES AMIES 1NTISIES. § IV. Des ALLIÉS DE L'AMANT. —

§ V. Des femmes de chambre. — § VI. Du médecin.

$ I. — DES RELIGIONS ET DE LA CONFESSION CONSIDÉRÉES DANS LEURS RAPPORTS AVEC LE MARIAGE.

La Bruyère a dit très-spirituellement : — « C'est trop contre un

mari que la dévotion et la galanterie : une femme devrait opter. »

L'auteur pense que la Bruyère s'est trompé.

En elîet, oohhlvaepuipp ianavseue'pluvu;vdipion tiût lin li n m leiu pparnsnit iralesinrbieraarjesljl'ipa epicseelrinensdàneaéms aeddobnRéesineetiusuet losntgoeabmpdirlasleno eslaufpeveçmmaauuuids eapalseuaobisaesrire,qfi é.qitnsssdleoirnhumubd imieulmeaéunçesxlnep.t dsouttoiseesr'vu.taiunm teoeoadrpàrimllooaoros nese.merurhiiàeciedsut 'iispedhtheetpeditaaftie eclnssavudoncpurevlegl guo'srsh.iilsaeneisdqme cqaaehai.luem'euaonnai ni'rerrsl'.loarcepéenlno llcinasasssooauisosaiaes do.ieardsspdouqtseàrlio a'aiimbralcsitgaorsnzlitt ualsvanileeiesapeérocng liiiiiiiiliienaiinminnniàipo ipsi.ldiileasipgu,ljolrfisn shaaaqcuétom.nitugiécr ssUiiimniprrodrgscmam uciih seqsrsuo.olêlhnaoi ànnSrd-rqeee'epraoesnt .nco-,-nicsjg'iptrLspooa mateeliiianovsmàasadza tsiuii t,tdtim'jev'r't,ênca nqetéontosoanaléni.dtm tidlss.ieinlr.i-àsen'idhlfo odaioeu.udriuiaoitasaen sseeivai'uécba-olnmlsep pvr!aonocdmniedi.,spqs snJxdimvcéjàunçeonnor r.eoaleieimmpnualiirtar mnoedsomeàmeschpcae 'laltnietipdoimceesvesot neelnaieo'lsbpsnabacvm deiiàcclel.nupriéulnnurl .idseaangseteeetanllmso himqmeiàesqsanoroin,d ,,eimualtt'oiuresmntsne teldlass'éusqarupflorads i'vlêtvstvraredrœeeucés eoeula.ismreaesaqsdane uunnirnmlpnivtnnrnaéranselmoitéanntsdvLuvnc.aloruvodpsenlissposo deueporbineiiondaasprpioelocnanpolr-ieclamicofCeenenedsiscruidtgn deialuseasa|iinfmiiIiafîeluraear~uaalti,ârciiirb;égdavnnlûlreo!evcmpsi rmmeuoeeueliuirglseieadseeetésaaep'rc'gseqsiCdipuossapnreiceueh.ie tstssmsaomiat.lrd.plniiicearn.ieornéicu ndoionéue.énglre'elliarnnesfl eTseiissreoieireè.iolu'desigvevurnaiseragetecohuca.t.alstqnlébsnnêrs csldo'delnmhasp.àleueopesnucumcééusriittvtnéonno.seauCriimrosoés ainsarurnisolïio'ntns.annoipireucpans.taedvlhitoeianteertoeoneoiggup eepinreaulenéeitlngpélprnrstntjoariectoeécnugstdidtlnamucnrrpls.aaa eoeaetnnerslndarpesr TiiuseepdoalimnlohnleiemlmémsàEetémnlopnpC r'nrenidq,eqClon,som\eeronSa:etiCaueaeeeigodiéaeseiieileefieaagndn ihtusaldedeaaltuutetonllbadqanuaelz'diu,iiesieeoaotnmnpascirieevvi\>p nerredbciifpgéhudirtlsearcsés!tuvpabp,luorcsopTta'ulêiocja'lrcersÀi4,\ ehruensnosueluénavfrsiUiamvacbsagepsuuse,py,istsgetomlraegmc\x^ ronkiolli)iu^vnlsU)vaacegstlàmtoU-evorcrrnoauot.auraniosteredu> , <

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DE LA UELLE-MEIIE

Jusqu'à l'âge de irentc ans, le visage d'uue femme est un livre é. rit en langui' étrangère, ei que Ton peni encore traduire, malgré les difficultés de tous les gunaïsmes de l'idiome, mais, passé quarante ans, une femme devient un grimoire indéchiffrable, él si quelqu'un peut deviner une vieille femme, c'est une autre vieille femme

Quelques diplomates ont tenté plusieurs fois l'entreprise diabolique de gagner des douairières qui s'opposaient à leurs desseins ; mais, s'ils ont réussi, ce n'a jamais été qu'en faisant des sacrifices énormes pour eux ; car ce SOut gens lut usé-, et nous ue pensons pas que vous nui.-siez employer leur recelte auprès de votre belle-mère. Ainsi elle sera le premier aide de camp de votre femme, car si la mère n'était pas dû parti de sa fille, ce serait une de ces monstruosités qui, malheureusement pour les maris, sont très-raves. Quand un homme est ussez heureux pour avoir une belle-mère très-bien conée, il lui est facile de la tenir pend ml un certain temps en échec, pour peu qu'il connaisse quelque jeune célibataire courageux. Mais généralement les maris qui ont quelque peu de génie conjugal savent opposer leur mère à celle de leur femme, et alors elles se neutralisent l'une par l'autre assez naturellement. Avoir sa bette-mère en proviuce quand on demeure à Paris, et vite versa, est une de ces bonnes fortunes qui se rencontrent toujours krop rarement.

Brouiller la mère et la fille?... Cela est possible: mais, pour mettre à lin celte entreprise, il faut se sentir le cœur métallique de Richelieu, qui sut rendre ennemis un fils et une mère. Cependant la jalousie d'un mari peut tout se permettre, et je doute que cehii qui défendait à sa femme de prier les saints, et qui voulait qu'elle ne s'adressât qu'aux saintes, la laissai libre de voir sa mère.

Beaucoup de gendres ont pris un parti violent qui concilie tout, et qui cru- e à vivre mal avec leurs belles-mères. Cette inimitié serait d'ime politique assez adroite, si elle n'avait pas malheureusement pour résultat infaillible de resserrer un jour les liens qui unissent une tille à sa mère. Tels sont à peu près tous les moyens que vous avez pour combattre l'iulluenee maternelle dans votre ménage. Quant aux services que votre femme peul réclamer de sa mère, "ils sont immenses, et les secours négatifs ne seront pas les moins puissant,. Mais ici tout échappe à la science, car tout est seciet. Les alia es apportées par une mère à sa fille sont de leur nature si variables elles dépendent tellement des circonstances, que vouloir en donner une nomenclature ce sérail folie. Seulement inscrivez parmi i us les plus salutaires de cet évangile conjugal les maximes s.U! va,.

Un mari ne laissera jamais aller sa femme seule chez sa mère.

Un mari doit éludier les raisons qui unissent à sa belle-mère, par des liens d'amitié, tous les ires âgés de moins de quarante

ans de qui elle fait habituellement sa société; car, si une fille aime rai' in ai !', «a ni de sa mère, une mère a toujours un faible pour l'amant de sa iille.

$ Ml. — DES AMIES DE rETISlOH, tT DEr AMIE^ WTUWS

Louise de L fille d'un officier tué à rvagram, avau été l'objet

d'un, i i iale de la pari (h N ipjléon. Elle soriii d'Ecouen

aire oïdium. .leur fort riche, M. le baron ' .... ail dix-huii ans ei le baron quarante. Elle ;-t.:n <l une

ligure ires-ordiii. ire. et son teint ne pouvait pas être cite pour sa h i n'a ■ avait une taille charmante, de beaux yeux, un I iii I icd. une belle main, le sentiment du goût, et beaucoup d'esprit. Le baron, usé par i le la guei re. cl plus encore par le- excès d'une: jeuinç e fongueuse, avail un de ces vis'ajgi sur lesquels la République, |c Directoire, le Consulai et l'Empiré semblaient avoir laissé leurs ni, es. Il di tint si amoureux de s;( femme, qu'il sollicita de l'empereur ei en obiim mie place à Pari . afin de pouvoir veillci sur .ou trésor. Il fut jaloux comme le qomie Vlmayivft, encore plus par vanité que par amour. La jeune orpheline, ay<uu

épousé Son ma -'élail dallée d avoir qiielq impire

sur rin hottmic heaui é qu'elle, elle en attendait desé ards et des soins-, mais sa délicatesse lui froissée flèsles premiers |ours «le leur m:i lés habitudes et les idée! d'un homme doni les m de la licence républicaine, n'était un prédestiné. Ji au juste combien de temps 1< durer ta lune ae miel, m mi <: I la guer lécl I i C

mais je crois que ce fui en 1816, et au milieu d'un liai Irès-briUmit donné par M. I)..., nmnitiniiiiaire général, q !« commissaire oidonnaleur, devenu intendant militaire, admira la jolie madame B...,

la femme d'un banquier, et la regarda beaucoup plus a ureu ,

ment qu'un homme marié n'aurait dû se le permettre. Sur les deux heures du malin il se trouva que le banquier, eiuiuvé d'attendre, élail parti, laissani Sa femme au bal. — Mais nous niions le reconduire chez loi. dit la baronne à madame B. . Monsieur V ... offrez donc la main à Emilie!...

Et voilà l'intendant assis dans sa voilure auprès d'une femme qui, pendant toute la soirée, avait recueilli, dédaigné mille hommages, ei dont il avait espéré, mais en vain, un seul regard. Elle était là brillanle de jeunesse et de beauté, laissant voir les plus blanches épaules, les plus ravissanls contours. Sa figure, encore émue des plaisirs de la soirée, semblait rivaliser d'éclat avec le saiiu de sa robe, ses yeux, avec le feu des diamants, et son teint, avec la blancheur dotict de quelques marabouts qui. mariés à ses cheveux, faisaient ressortir l'ébène des tresses et les spirales des boucles capricieuses de sa coiffure. Sa voix pénétrante remuait les libres les plus insensibles du cœur. Enfin elle réveillait si puissammeut l'amour, que Robert d'Arbrissel eut peut-être succombé. Le baron regarda sa femme, qui. fatiguée, dormait dans un d»>s ceins du coupé. H compara, malgré lui, la toilette de Louise à celle d'Emilie. Or, d^us ces sortes d'occasions, la présence de notre femme aiguillonne singulièrement les désirs implacables d'un amour défendu. Aussi les regards du baron, alternativement portés sur sa femme et sur son amie, éiaietnt-ils faciles à interpréier, et madame B... les interpréta.

— Elle est accablée, cette pauvre Louise!... dit-elle. Le inonde ne lui va pas, elle a des goûts simples. A Ecouen, elle lisait toujours. — Et vous. qu'\ faisiez-vous? — Moi, monsieur!... oh! je ne pensais*" qu'à jouer la comédie. C'était ma passion!... — Mais pourquoi vovezvous si rarement madame de V...? Nous avons une campagne à saint- Prix, où nous aurions pu jouer ensemble la comédie sur un petit théâtre que j'y ai fait construire. — Si je n'ai pas vu madame V..., à qui la faute? répondit-elle. Vous êtes si jaloux que vous ne la laissez libre ni d'aller chez ses amies ni de les recevoir. — Moi jaloux !... s'écria M. de V... Après quatre ans de mariage, et après avoir eu trois enfants !... — Chut !... dit Emilie en donnant un coup d'éventail sur les doigts du baron, Louise ne dort pas.

La voiture s'arrêta, et l'intendant offrit la main à la belle amie de sa femme pour l'aider à descendre. — J'espère, dit madame B. ., que vous n'empêcherez pas Louise de venir au bal que je donne cille semaine. Le baron s'inclina respectueusement. Ce bai fut le triomphe de madame B... et la perle du mari de Louise; car il devint éper dûment amoureux d'Emilie, à laquelle il aurait sacrifié ceul femme légitimes. Quelques mois après celte soirée où le baro:: coucuj l'es pérauce de réussir auprès de l'amie de sa femme, il setrvna un malin chez madame B... lorsque la femme de chambre vibl .m.ionu i i baronne de V... — Ah! s'écria Emilie, si Louise vous voyai) à heure chez moi. elle serait capable de me compromettre. Euiivz dans ce cabinet, ei n'y faites pas le moindre bruit.

Le mari, pris connue dans mie souricière, se cacha daus ce cahiucl.

— Bonjour, ma bonne!... se dirent les deux femme, pu s'cnilu.,sant. — Pourquoi vieus-tu donc si matin? demanda Emilie. - Oh ! ma chère, ne le devines-lu pas?... J'arrive pour avoir une explication avec toi. — Bah! un duel? — Précisément, ma chère. Je ne te ressemble pas. moi! J'aime mon mari, et j'en suis jalouse. Toi. lu es belle, charmante, lu as le droit d'être coquette, tu peux Ion bien te moquer de B..., à qui ta vertu parait importer fort peu: mais, comme tu ne manqueras pas d'amants dans le monde, je te prie de nie laisser mon mari... Il est toujours chez loi, et il n'y viendrait certes pas, si tu ne l'y attirais... — Tiens, lu as là un bien joli eanezou ! — Tu trouves? c'est ma femme de chambre qui me l'a monté. — Eh bien' j'enverrai Anastasie prendre une leçon de Flore. —Ainsi, ma cliè*e, je compte sur ton amitié pour ne pas me donner de- . (isujrins domestique- — Mais, ma pauvre enfant, je ne sais pas où lu vas prendre que je puisse aimer ton mari... 11 est gros et gras connue up depillé du centre. Il est petit et laid. Ah! il est généreux, par exemple, mais voilà tout ce qu'il a pour lui. et c'est nue qualité qui pourra il plaire loul au plus à une Iille d'opéra. Ainsi, lu comprends, nia il. ère.

aurais à prend, e un amant, comme il te platl de le supposer, que je ue choisirais pas un vieillard comme ton baron. Si je lui ai donné quelque espérance, si je l'ai accueilli, c'était certes pour m'en amuser ei l'eu débarrasser, car j'ai cru que tu avais un faible pour le jeune de Rostanges. -Moi!... s'écria Louise. Pieu m'en préserve, ma chère ! C'est le fai le plus insupportable du monde Non, je t'as sure que j'aime mon mari ! In as beau rire, i Ole . i. • suis bnu qui je me donne un ridicule, mais juge-moi ! Il a fait nia fortune, il u es; pas avare, cl il me ncnl lieu de tout, puisque le m ilhour a voulu que . i ■ i.i e orpheline. Or, quand je ne l'auuei ...■ us, je dois lemr à conserver son estime. Ai-je une famille poui m'\ réfugier un jour ? Mlo.e, mon ange, ue parlons plus de loul la. dit Emilie en inouïe, car Cesi ennuyeux à la mort.

PHYSIOLOGIE DU MARIAGE

Après quelques propos insignifiants, la baronne parlil.

Eh bien! monsieur ? secria madame P.. . en ouvrant la porte du

i ibinet où le baron était perclus de froid, car la scène avait lieu en hiver. Eh bien?... n'avez-vous pas de iionle de ne pas adorer une petite femme si intéressante?. Monsieur, ue me parlez jamais d'amour. vu us pourriez, pendant un certain temps, m "idolâtrer comme vous le dites, mais vous ne m'aimeriez jaunis autant que vous aimez Louis*. Je sens que je ne balancerai jamais dans votre cœur l'intérêt ij ii inspirent une femme vertueuse, desenfants, une famille... Un jour je serais abandonnée à toute la sévérité de \ os réflexions. Vous divei de moi froidement : J'ai eu celte femme-là 1... Plirase que j'euleiids prononcer par les hommes avec la plus insultante indifférence. \ ous voyez, monsieur, que je raisonne froidement, et que je ne vous aime pas. parce que vous-même vous ne sauriez m'aimer... — Eli ! que faut-il donc pour vous convaincre de mon amour?... s'écria le baron en eoriiemplaut la jeune femme. Jamais elle né lui avait paru si ravissante qu'en ce moment, où savoir lutine lui prodiguait des paroles dont la dureté semblait démentie par la grâce de ses gestes, par ses airs de tête et par son altitude coquette. — Oh ! quand je verrai Louise avoir un amant, reprit-elle, que je saurai que je ne lui ai rien enlevé, et qu'elle n'aura rien à regretter en perdant votre affection; quand je serai bien sûre que vous ne l'aimez plus, en acquérant une preuve certaine de votre indifférence pour elle... oh: alors, je poirrai vous écouter'.... Ces paroles doivent vous paraître odieuses, reprit-elle d'un son de voix profond; elles le sont en effet, mais ne croyez pas qu'elles soient prononcées par moi. Je suis le mathématicien rigoureux qui lire toutes les conséquences d'une première proposition. Vous êtes marié, et vous vous avisez d'armer?... Je serais folle de donner quelque espérance à un homme qui ne peut pas être éternellement à moi. — Démon !... s'écria le mavi. (lui, vous êtes un démon et non pas une femme !... — Mais vous êtes vraiment plaisant !... dit la jeune femme en saisissant le cordon de sa sonnette. — Oh ! non, Emilie ! reprit d'une voix plus calme l'amant quadragénaire. Ne sonnez pas, arrêtez, pardonnez-moi !... je vous sacrifierai tout !...

— Mais je ne vous promets rien !... dit-elle vivement et en riant. — Dieu ! que vous me faites souffrir !... s'écria-t-il. — Eh ! n'avez-vous pas dans vi.:re vie causé plus d'un malheur? demanda-t-elle. Souvenez-vous de toutes les larmes qui, parvouset pour vous, ont coulé!... Oh ! votre passion ne m'inspire pas la moindre pitié. Si vous voulez que je n'en rie pas, faites-la-moi partager...— Adieu, madame. Il y a de la clémence dans vos rigueurs. J'apprécie la leçon que vous me donnez. Oui, j'ai des erreurs à expier... — Eh bien! allez vous en repentir, dit-elle avec un sourire moqueur ; en faisant le bonheur de Louise vous accomplirez la plus rude de toutes les pénitences.

Ils se quittèrent. Mais l'amour du baron était trop violent pour que les duretés de madame B... n'atteignissent pas au but qu'elle s'était proposé, la désunion des deux époux. Au bout de quelques mois, le baron de V... et sa femme vivaient dans le même hôtel, mais séparés. L'on plaignit généralement la baronne, qui dans le monde rendait toujours justice à son mari, et dont la résignation parut merveilleuse. La femme la plus collet monté de la société ne trouva rien à redire à l'amitié qui unissait Louise au jeune de Rostanges, et tout fus mis sur le compte de la folie de M. de V... Quand ce dernier eut fait à madame B... tous les sacrifices que puisse faire un homme, sa perfide maitresse partit pour les eaux du Monl-Dore, pour la suisse et pour l'Italie, sous prétexte de rétablir sa santé. L'intendant mourut d'une hépatite, accablé des soins les plus louchants que lui prodiguait son épouse; et, d'après le chagrin qu'il témoigna de l'avoir délaissée, il parait ne s'être jamais doulé de la participation de sa femme au plan qui l'avait mis à mal.

Cette anecdote, que nous avons choisie entre mille autres, est le type des services que deux femmes peuvent se rendre. Depuis ce mot:

— Fais-moi le plaisir d'emmener mou mari... jusqu'à la conception du drame dont le dénoûment fut une hépatite, toutes les perfidies féminines se ressemblent. Il se rencontre certainement des incidents qui nuancent plus ou moins le spécimen que nous en donnons, mais c'est toujours à peu près la même marche. Aussi un mari doit-il se défier de toutes les amies de sa femme. Les ruses subtiles de ces créatures mensongères manquent rarement leur effet, car elle» sont secondées par deux ennemis dont l'homme est toujours accompagné : l'araour-propre et le désir.

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