CHAPITRE II
Los liérilicrs.
On a ri'marqué que les gens riches ou puissants entraient toujours la tête haute partout où ils vont ; ce ne fut pas ainsi que se pré.senlèrent rue Saint- Germaindes-Prés, le 8 août dernier, deux hommes habillés de noir de la tête aux pieds.
Comme ces deux honunes (c'était nous) avaient des figures d'héritiers (ce qui ne veut pas dire qu'elles fu>sent triste^) , il -se regardèrent d'un air sournois.
Le gros monsieur (c'était moi) s'écria d'une voix retentissante : — Des chevaux et un po-tillon pour Tours !
Le petit mon>ii ur (c'était moi) s'écria d'une voix de hanloconlre:— Des chevaux et un poslillon pour Tours!
Remarquez que nous parlâmes en même temps, car sans cela moi et moi nous vous eussions évité l'einiui d'une répéiiiion fastidieuse.
Entraînés par la force irrésistible que l'on rjonime surprise, nous fimes chacun trois pas en arrière, ce qui, par ciin-équent. en mil six entre nous doux. — Vous allez à Tours, monsieur? — Oui, monsieur. Ici il y eut un silence de cinq minutes.