‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 2)Chapitre 124 sur 399 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

SOPHIE, à Marianne.

Ah ! ma chère , ce n est pas lui.

n A Kl Aix TU E, stupé/àite.

Ce n est pas lui !

PASTOUREAU, entrant en scène.

Y pensez-vous, monsieur? en descendant de voiture vous mêler à la walse des villageois !

PHILIBERT CADET

C'était une gaieté... cela m'a bien réussi... Ce gros paysan qui, eh pirouettant, me lance un coup de pied; mais je n'y pense plus. C'est à monsieur Puparc que j'ai l'hoiineur de parler? Combien je suis sensible à l'aimable invitation.... ! ,

DUPARC

C'est moi , monsieur, qui vous remercie d'avoir bien voulu l'accepter.

PHILIBERT CADET

Comment donc, Monsieur? je n'avais garde de refuser. *

Vous arrivez bien tard , mon cousin.

PHILIBEIIT CADET.

Oh ! c'est ma faute ; j'ai promis a monsieur Pastoureau que je le justifierais.

PASTOfjREAU.

D'abord , monsieur n'a pas vq^lu que nous prissions par le faubourg Saint-Antoine.

PHILIBERT CADET

C'est vrai. Ce faubourg est si long, si triste.... (^ part,) Ce maraud de tapissier, près les £nfants«Trouvés, qui prétend que je lui dois de l'argent.

PASTOUREAU

Puis, il veut conduire; et entraîné par la chaleur

i8o LES DEUX PHILIBERT.

de la conversation , je ne m'aperçois pas qu'il nous égare au milieu du bois de Yincennes.

PHILIBERT cildet j en riant.

C'est vrai. Mais n'est-ce. pas que je mène bien? J'ai eu aussi un cabriolet, moi qui vous parle. (En saluant madame DeryignyJ) C'est madame votre beljè-mère? Figure noble et respectable. {^En s*approchant de SapfUe pour la saluer. ) Ah ! Dieu !

DUPARG.

Quoi donc?

C'est mademoiselle votre fille ?

OUPARC.

Oui.

PHILIBERT CADET

Je savais que j'allais voir une charmante personne ; mais en approchant de mademoiselle , on se sent encore pli«s émerveillé.... (^ Duparc.) Les traits de mademoiselle votre fille me rappellent ceux d'une

femme.... qui était plus grande fort passionnée

Souvenir cher et cruel ! Et vous dites donc , monsieur Duparc , que vous avez été l'ami de mon père ; c'était un bien honnête homme. (^Prenant un ton grave. ^ Monsieur, qu'il est honorable pour moi que vous vouliez bien reporter sur le fils une partie de l'amitié que vous aviez pour le pèrt !

DUPARC

. Monsieur , j'espère. . . .

PHILIBERT CADET , serrunl la main de Duparc.

Monsieur , j'espère aussi que (^ Pastoureau.^

demandez donc à déjeuner.

• ACTE II, SCENE IV. i8i

PASTOUREAU

Or çà , mon cher cousin , il y a loin d^ici à Theure du dîner.

PHILIBERT CADET

Cest ce que je disais au cousin pendant la route. La petite promenade que je lui ai fait faire dans le i)ois de Vincennes nous a donné de Tappétit. Ne vous dérangez pas ; monsieur Pastoureau va me conduire à la salle à manger.

s DUPARC.

Eh ! non , c'est inutile. Marianne ! Joseph ! faites servir quelque chose à ces messieurs, ici, dans ce salon. '

PHILIBERT CADET, à Marianne.

Âh ! mon Dieu ! Mademoiselle , presque rien , un pâté , une volaille froide. A la campagne , on ne fait pas de façons.

(^Marianne et Joseph sortent et rentrent près- . que aussitôt y portant un déjeuner qu'ils sentent sur une petite table rotule. )

PHILIBERT CADET

Une très-belle maison que vous avez là , monsieur Duparc! je m'en accommoderais bien! c'est comme un château. Ah ! quand donc aurai-je', à mon tour , quel^ que bonne petite propriété!

DUPARC

C'était une masure lorsque je l'ai achetée; j'y ai dépensé beaucoup d'argent. C'est moi 'qui ai dessiné le jardin. Vous verrez. '

PHILIBERT CADET

Ah! oui, suivant l'usage de tous les propriétaires, vous brûlez de me faire admirer... Eh bien! monsieur

i8a LES DEUX PHILIBERT. •

Duparc, je suis votre homme , j'admirerai tout ce que vous voulez que j'admire. Mais j'aperçois le déjeuner ; mettons-nous à l'œuvre.

P^^STOUREAU.

Je ne prendrai presque rien.

PHILIBERT CADET

C'est comme moi.

PASTÔU|IEAU.

Je ne m'assieds pas. ^

PHILIBERT CADET

Stoi, j'ai l'habitude de manger assis.

( // s'assied et se sert. ) DUPARC, g. niadame Dervigny^ ^ Il se met à son aise. /

M^ADAME DERVIGITY, à Z?Z^anc.

Les jeunes gens se donnent quelquefois un air d'aisance pour cacher leur timidité.

MARIANNE, à &?pA&g.

Ce n'est pas votre jeune homme; mais il annonce tin joyeux caractère.

&0PH1E, à Marianne.

Âh ! Marianne , quelle différence !

PHILIBERT CADET, tendant son verre à Joseph.

Versez , mon cher ami. (// attend que son verre soit plein. ) Là , voilà ce que c'est.

josiiPH, à part.

Tiens , il ne haussa pas. • PHILIBERT CADET, se levant pour boire à la santé de Duparc , de madame Dervigny et de Sophie.

Monsieur , madame et mademoiselle , permettezmoi....

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