‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 2)Chapitre 172 sur 399 · DUPARC ET MADAME DERVIGITT · texte numérisé non relu

DUPARC ET MADAME DERVIGITT

Deux fières! -

CLAIRVILLE

Ah ! Ah !

PHILIBERT CADET

Eh oui, deux frères. Or, si l'on a vu parfois des frères ^ui se ressemblaient à s'y méprendre , soit au moral, soit au physique, soit en bien, soit en mal , que dé différences entre tant d'autres, depuis Gain et Abel jusqu'au frère de Piron, qui était ua imbécille! {En riant. ) Moi , messieurs , j'ai une pauvre tête , peu de jugement ; j'ai été gâté par ma mère , que je dominais. Tout petit, je faisais cent tours à mon maître d'école: aussi , je ne sais rien que le billard^ l'escrime , le trente et un ; et dès mon enfance , on m'appelait Philibert le çaauvais sujet. {D'un ton grave.) Mais mon frère , envoyé par mon père dans un collège de Pai;is , a ete élevé ayec soin, tendresse et sévérité. Il a bon cœuf , bonne fête et bon jugement. Il sait le grec , le latin , la

philosophie , ta musique, la danse et les mathématiques ; et, paF opposition, on l'appelait et on l'appelle encore Philibert l'homme de mérite. ( En riant. ) Moi , messieurs, je suis un vaurien, un joueur;' je m'amuse, et je passe pour avoir un excellent ton en mauvaise société. J'ai mangé mon patrimoine ^ la maison de cortimerce de ma mère, je mangerais le diable. ÇD'nn ion gnn^e.) Mais mon frère , l'homme de mérite , est sage dans ses mœurs, raisonnable dans sa conduite, modéré dans ses désirs. Il a conservé , il a déjà augmenté sa foirtune ; il n'a pas de dettes , et , plus d'une fois , il a payé les miennes , (En riant.) Moi , messieurs , franchement je ferais une folie de me marier^ et un père en ferait une plus grande de me donner sa (ille. Que diable pourraisje apprendre à mes enfants? {D^un tongraçe.) Mais mon frère, l'homme de mérite! il a été si bon fils , il est si bon frère , qu'il ne peut manquer d'être bon père et bon mari. Il fera souche d'hdpnêtes gens, d'hommes de sens , d'hommes d'esprit , parce* qu'il a de l'honneur , du sens et de l'eçprît. Oést mon frère que vous avez invité, c'est moi qui suis venu. Donc je ne suis^as un intrigant qui ai pris un^faux nom; mais mon frère a été victime d'un quiproquo. Es-tu content, frère ?T'aijc tenu parole? Je crois que je n'ai pas dit de sottises.

DUPARC

Ainsi , c'est de monsieur , 'que Clairville , Foriis , Préval , Derlangê , m'ont fait un si grand éloge.

PHILIBERT aîné.

Ah! monsieur, je dois oet éloge à leur indulgende. Mon frère ne mérite pas tout le mal qu'il vient de dire de lui-même ; 'mais oui, c'est de moi qu'on vous a parlé; c'est moi qui vbus ai fait Une visite ce malin ; c'est à moi que Vous l'avez rendue. {Tirarii de sa poche

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