ACTE I, SCÈNE IV. iiSq
CHARLJES.
Tant que 'cela. '
LE CAPITAINE
Mais elle a une fille qui n^en a pas dix-huit, et qui est ici avec elle.
CHARLES
Une fille! ah! oui, jeTai vue dernièrement dans un bal.
LE CAPITAINE
L'aimable Rose Durmainvillê.
CHARLES
Oui, aimable.... {Se reprenant sans trop (TaffectOF' < iion,^ La trouvez -vous aimable? Elle ma paru bien simple , bien innocente , disant tout ce qui lui passe par la tête^ et d'une crédulité...! J'aimerais mieux la réserve, la modestie, la froideur même de vatre pu7 pille. Je trouve tout naturel c](ue vous soye? incertain , enjtre macïame de Montclair et Yictorine ; mais pour
mademoiselle Darmainville ma foi, je crois qu'elle
ne vous convient pas.
LE CAPITAINE
Elles me conviennent toutes trois. Je ne me prononce pour aucune , je n'en rejette aueune. Toute» .trms, jeunes, jolies, pleines de talents, sont animées pour moi de la. plus sincère amitié; mais aimant avec ardeur, je veux être aimé de même. Je me déciderai pour celle en qui j'aurai découvert le plus d'ame et de sensibilité ; je serai instruit aujourd'hui même. Oui , puisque j'ai commencé à n^e confier à toi , je peux te dire le secret du pavillon. C'est moi qui l'ai fait con- ^ struire. {En montrant le paviltoîi sur la montagne,^ Regarde. En dehors , c'est un petit temple grec entouré d'arbres; en dedans, c'est un boudoir, un cabinet d'é-*
a6o. LE CAPITAINE BELRONDE.
tudcs charmant, orné de glaces, de meubles précieux, de peintures galantes et sentimentales. Depuis quatre jours que je suis arrivé, tous les matins, avant que ces dames soient -éveillées, je viens moi-même presser et diriger les ouvriers. Tout sera terminé dans une heure , et je m*apprête à étudier avec soin l'impression que la vue de ce joli pavillon fera sur chacune d'elles. Tai de la pénétration, de l'expérience. Je saurai lire dans le cœur de madame de Montclair, à travers sa gaieté, dans celui de Viclorine, malgré sa froideur, dans celui dé Rose , à travers «on insouciance. Et celle qui daignera m'entendre!..,. Ah! mon neveu, que d'amour! qu'elle sera heureuse! Je retrouverai auprès d'elle tous les feux de ia jeunesse.
CHARLES
Voup êtes un bien excellent homme , mon oncle ; je ne Conseillerais à personne de- se faire votre rival auprès d'une de vos belles.
LE CAPITAINE
Ah! vraiment! qu'il m'#n vienne des rivaux; je rie les crains pas. Toutefois , pour plus de sûreté , j'aime autant que ces dames soient dans mon château , loin ides séductions de Paris et des fadeurs de nos jeunes étourdis ; car enfin hier j'ai eu cin^ante ans. Il ne faut pas le dire. ^ ,
CHARLES.*
Kon, ne le disons pas, j'y avais pensé pourtant, et je voulais fêter votre anniversaire.
LE CAPITAINE. '
Ne t'avise pas de cela. Ne parlons pas d'âge, c'est de mauvais ton.
CHARL&S.
Mais après le mariage vous retournerez à Paris , et