ACTE II, SCÈNE VI
DORÏGOITR.
Qui sait si ce n est pas pour se garantir des emi>ûches de ce mauvais cousin, qu'il prend le nom de Kajmond.
MADAME LÉOKARD.
Non, je croirais plutôt Malgré votre prudence,
nous ne sommes pas les premiers à qui vous ayez confié le motif de votre voyage. *
DORICOU&.
Quand ce^ ne serait qu'à ma sœur.
MADAME LlSoifARD.
Je ne doute pas de la discrétion de madame votre sœur ; mais la femme la plus discrète a au moins un confident.
DORIGOVR.
n aura été instruit par ma sœur, ou par sa femme de chambre, à qui elle dit tout.
MADAME LEONARD
Et alors, jaloux de se faire aimer pour lui-même, et non pour la mémoire de son oncle....
DORICOUR.
n aura pris la résolution de ne âe faire connaître que sous le nom de Raymond.
'madame LÉONARD.
Il aura recommandé à ses gens, à tous ceux qu'il a vus dans le pays , de ne lui donner que le nom de Ray^ mond.
DORICOUR.
Ce serait fort délicat.
HENfllETTE.
Oui, si c'est là son motif....
DORICOITR.
Et quel autre motif pourrait-il avoir ?
64 M. DE BOULANVILLE.
Aucun. ^ >
« DORICOUR.
Voilà qui est prouvé; oui, c'est... quand je dis que c'est prouvé..., un instant. Qu'en penses-tu toi, Léonard ? crois-tu que ce soit là en effet le bon moQsîeur de Boulan ville ? y
* LÉOITARD.
Ma foi , monsieur....
MADAME LÉONARD
Oui, oui, monsieur, mon mari le croit; il le croit comme moi , n'est-il pas vrai?
LÉONARD
Allons, puisque ma femme le veut....
MADAME LÉONARD
Vous l'entendez , il en est sûr.
LÉONARD, a part.
Je n'y tiens plus, et j'aime mieux sortir.
{Il sort.)
DORICOUR. ■#
Il est clair qu'il y en a deux : si ce jeune homme est le bon, il est clair que le' premier est le méchant: il ne m'a pas paru tel ; mais qui sait s'il n'y a pas beaucoup d'hypocrisie dans son fait?
HENRIETTE
Mon Dieu! que je voudrais que mon père ne se trompât pas dans ses conjectures !
Chut! il revient.
( Ib sqrtent. )