DURAIT
Le ministre vous conseille de vous éloigner avant deux jours à trente lieues de Paris.
VAlflGLAS.
On m'honore d*un exil.
DURAND
Il était entouré de plusieurs personnes qui , ce matin encore, avaient imploré ma protection auprès de vous.
VANGLAS.
Eh bien! une morne stupeur, un touchant intérêt?
DURAND
Non. tJn silence moqueur interrompu par quelques traits malins. Tai tâché d'émouvoir monseigneur : Dites à Yanglas , m'a - 1 - il répondu en fronçant le sourcil et en bégayant , ce qui , conlme vous savez , est le signe de sa colère, qu'il doit se trouver heureux d'en être quitte pour la perte de ses places et l'exil que je lui conseille. Alors , tous m'ont brusquement ouvert le passage, comme s'ils eussent craint de m'approclier.
54a LES ANCIENS AMIS.
MONTGRAVIER.
Je m'en souviens; dans notre jeunesse, quand je le voyais rêveur et pensif, je me disais : CebonVanglas! l'ambition le perdra. Cela n'a pas manqué.
Point d'épigrammes , Montgravier, contre l'homme que vous flattiez à l'instant. Yanglas, vous m'avez donné un asyle dans mon danger? je vous en offire un dans votre exil. Venez ehez moi.
CLEMENCE, à madame Vanglas.
Ah! oui, venez.
VILLENEUVE, a Vanglas, Je connais Saint -Phar; il ne se souviendra jamais que du beau côté de votre conduite. Cest à vous à ré* fléchir' sur sa proposition. {A madame Vanglas^ Madame , mon ami et sa fllle n'ont éprouvé de vous que de bons procédés; comptez sur leur reconnaissante amitié.
GLÉMEirCE.
Qu'il me serait doux de vous la prouver !
{Saint'Phary Villeneuve et Clémence sortent.)
DURAND
Monsieur connaît mes bons services ,. et j'ose le dire, ma capacité ; j'espère qu'il ne refusera pas de me recommander à Vun de ses successeurs.... Monsieur n'a plus besoin desmoi?
VANGLAS.
Non , monsieur Durand.
(^Durand sort.)
MADAME MONTGRAVIER, à SOn nUuL
Il est lard.