ACTE 1, SCENE IV
Quelle est l'affaire qui vous am^ne ?
UAJ^AMC LEONARD.
Un mariage? une succession? un procès?
RAYMOND. «r
Oui, un procès, contre un cousin. Il faut que j^ voie le notaire de ce bourg , pour des papiers importants que je veux dès ce soir remettre à ma mère : mars que m'importe ce procès, ma fortune même, près dq motif qui a précipité mon voyage? Je n'aurais pas quitté Paris sans une circonstance. .\ . , Dans la berline qui me suit, se trovive une jeune personne char^ mante.
MADAME LiONARD.
Al|^ c'est de l'amour! parlez ,> parlez , monsieur, voilà qui m'intéresse encore plus vivement.
RAYMOND
U y a un mofis , dans un bal , je la vis -pour la première fois. Le lendemain , je fus assez heureux pour me faire présenter jchez sa tante : et chaque joUf , j'ai mieux $enti combien .Henriette est bonne , douce ^ affable.... / '
LÉONARD. ■••-
Pârftite, suivant l'usage.
BATMOND.
Oui, mon ami,' parfaite : jiff^^'avais pas encore osé dédarer mou amour ; mi|^s fé me félicitais de me voir assez bien afiOueilU. Quel est tnon désespçîr, lorsque hier j'appreiids que le père , de retour d'un long voyage , a le matin même emmené -sa pHe? Ils ont pris la route d'Orléans l'on pmflume qu'il est question d'un mariage. Ah! grand dieu! la marier! Je pars, je vole sur leur^
%o M. DE BOULANVILLE.
traces. Ce n'est qu'à la poste d'Orléans que je parviens à les atteindre. Leur postillon me dit qu'ils doivent s'arrêter dans ce bourg, à l'auberge du Cheval-Blanc, et je né les précède quf d'un moment !
Voila une afiairé qui n'est pas fort avancée , et , il s^îl vous pl^ît, le nom , l'état du père de la jeune personne?
RAYMOND
Henriette est la fille unique d'un armateur de Nantes , monsieur Dorioour.
LÉONARD
Doricour! monsieu"^ Dpricoiir l'armateur aurait déjà une fille en âge d'être mariée I
RAYMOND
Tu le cpi[inai6 ! • *
.MADAME LÉONARD. , t
Il connaît tout le monde, mon cher mari.
LEONARD
J'ai fait tant de métiers , parcouru t^nt de pays ! rétais spadUssin, libertin, appreiHî littérateur sur le pavé dé I^ris , lorsque j'ai connu iponsieur Doricour qui travaillait dans ^IÂb maison de commerce. S'il n'a pas -chaAgé^' il est homme d'honneur; mais il a de grandes prétentions à la finesse, à la prudence; il prend un air grave ,. important , mystérieux en vous parlant, et il est enthousiaste et orédule, allant, poiir ainsi dire, au-devant oe^rreur avec tant d'impétuosité, que c'est pUitôt lui-même qui se trompe qu'il n'est trompé p^r les autres. !
RAYMOND
Oui, comme tous les. marins, dbimaissant peu les hommes....