ACTE II, SCENE. X
LE GREFFIER
Pour vous les rendre , faites-moi l'amitié de venir tous souper chez moi.
HUBERT
Avec bien du plaisir. Je suis de la société. VAUDEVILLE.
LE GREFFIER
Pour mieux réparer cette injure , Je ferai tant que , Dieu merci !
J'amènerai tout Beaugenci , Demain soir , à votre ouverture ; Faites chez nous un long séjour, Et je vous demande en retour, Pour ma femme et sa compagnie , Une loge à la comédie.
ROQUEBRUIE.
Harpagon est à l'agonie ;
Qui donc , au chevet de son lit
Se tient toujours , fait tant de bruit ?
Son héritier , je le parie.
Seul , il a voulu le veiller.
C'est lui qui change l'oreiller ;
Il pleure , il se lamente , il crie ;
N'est-ce pas une comédie?
HUBERT
Le voyez- vous ce fier bravache , Sur ses jambes si bien campé , Et si gravement occupé De son sabre et de sa moustache ?
Comme il raconte ses exploits !
Seul, il s'est battu contre trois.
Mais ne craignez pas sa furie ; C'est encore une comédie.