‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 4)Chapitre 121 sur 343 · ACTE I, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V

DABLANVILLE.

Ah! je le sais fort bien; mais enfin quel sujet?

MADAME SAINT- ALAED.

Quel sujet? Le voici. Je ne vous crois pas fait, Monsieur, pour habiter une maison décente : La mienne fut toujours honnête, je m'en vante. Sur ses hôtes il faut que Ton soit délicat : Vous êtes sans aveu , sans moyens , sans état.

DABLANV1LLE.

Moi , j'en ai vingt pour un : comme on vous calomnie !

MADAME SAINT-ALARD

Oui, l'intrigue, le jeu : vous vivez d'industrie.

DABLANVILLE.

Chacun vit comme il peut.

MADAME SAlïïT-ALARD.

Depuis qu'en ce grenier Vous logez, vous avez oublié de payer.

DABLAIVILLE.

Oublié, c'est le mot, et ma misère est telle!...

MADAME SAINT-ALARD

Je suis fort au-dessus de cette bagatelle ; Je vous aurais encor gardé , j'ai si bon cœur : Mais quoi! de ma maison je veux sauver l'honneur: Votre chambre d'ailleurs me devient nécessaire; Je la donne au valet d'un nouveau locataire, Fort riche, que chez moi l'on met en pension; Il vient finir ici son éducation.

DABLAIVILLE.

Jeune ?

MADAME SAINT-ALARD

Il a vingt-deux ans.

DABLAIVILLE.

Riche ?

MADAME SAINT-ALARD

Fortune immense.

Un tel hôte vaut bien quelques égards, je pense.

DABLANVILLE

Et qui vient à Paris pour la première fois?

MADAME SAINT- AL A RD

Mais que de questions ! Vous comptez , je le vois , Déjà trouver en lui quelque dupe nouvelle ; Ne vous en flattez pas ; il est sous ma tutelle. Nos principes entre eux diffèrent.

DABLANVILLE.

Mais pas tant

MADAME SAINT -ALARD

Plait-il?

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