DAB LAN VILLE
Oui.
TÉRIGNI.
L'ami de mon père?
DABLANVILLE.
Autrefois.
TÉRIGN1.
La sagesse Qui brille en vos discours décèle un bon esprit ; Vous êtes honnête homme , et cela me suffit.
DABLANVILLE.
Vous me flattez ; mais quoi ! je crains si fort la gêne ; A mon âge, reprendre une nouvelle chaîne!
TÉRIGNI.
Si vous avez trouvé des amis faux, ingrats , Croyez que Térigni ne leur ressemble pas.
Voilà précisément quel était leur langage ; Vous confondre avec eux serait vous faire outrage ; J'aime à le croire au moins ; votre air , votre candeur Ont un je ne sais quoi qui vous gagne le cœur : Oui, du premier coup-d'oeil vous avez su me plaire ,
Et malgré mes serments je suis prêt à tout faire Pour vous, je le sens trop... Avec quelle chaleur J'accepte sur-le-champ votre amitié; d'honneur. Je ne reconnais plus déjà mon caractère ; Cette démarche-là ne m'est pas familière ; Je ne me jette pas à la tête des gens.
TÉRIGJNTI.
J'en prise d'autant plus ces discours obligeants.
uablanville, comme se décidant.
Au risque d'être encor trompé, je m'abandonne Au charme qui m'entraîne ; ah ! j'ai l'ame si bonne ! Cette amitié d'ailleurs est un devoir pour moi; Etre utile, en tout temps, fut ma première loi; Si je vous refusais, je me croirais coupable.
TÉRIGNI.
Quel bonheur !
DABLAîfVILLE.
Un moment. C'est un lien durable Qu'il s'agit de former. Il faut donc tous les deux , Avant de nous lier , nous connaître un peu mieux. Eh bien! demain passons ensemble la journée , Qu'à parcourir la ville elle soit destinée ; Cependant vous pourrez observer mon humeur.
TÉltIGNI.
Et de votre côté vous lirez dans mon cœur; Je veux vous confier d'abord mon plan de vie.
DABLAN VILLE.
A propos, n'allez pas parler, je vous en prie, De notre liaison ce soir.
TÉRIGNI.
Pourquoi?
DABLAîfVILLE.
Pourquoi ?