ACTE II, SCENE I
Un savant , mon ami , dirigeant vos lectures , Doit vous donner au mois livres nouveaux , brochures : Il a tout des premiers , car il fait un journal.
TÉRIGNI.
Oui, mais n'oublions pas l'article principal.
DABLANVILLE.
Vous êtes à Paris pour les mathématiques , Je le sais; nous avons les écoles publiques; Et ce vieil officier que vous nommez ?
TÉRIGNI.
Clermont.
DABLANVILLE.
Si dans cette science il est vraiment profond.... C'est ce que d'un coup-d'œil je saurai reconnaître ; Nous pourrons le garder alors pour votre maître : A propos, aimez-vous à monter à cheval?
TÉRIGNI.
Mais oui , sans vanité je ne m'y tiens pas mal.
Nous irons promener demain à Bagatelle ; C'est des chevaux anglais le rendez-vous fidèle : Vous aimez la musique?
TÉRIGNI.
Oui, beaucoup.
DABLAIVILLE.
A Feydeau Je veux vous faire voir cet opéra nouveau.
TÉRIGNI.
Les vers ont toujours fait le charme de ma vie; J'ai même en ce moment un plan de tragédie.
DABLANVILLE.
De tous nos jeunes gens ordinaire début.
J'ai des amis discrets , connaisseurs , s'il en fut ,
i9o L'ENTRÉE DANS LE MONDE.
Te vous présenterai....
TÉRIGNI.
Vous me rendrez service :
Moi , je veux vous lier avec le cher Fabrice ; C'est mon ami.
DABLANVILLE.
Dès-lors il est le mien déjà.
» TÉRIGNI.
Je vois que dans Paris rien ne me manquera. Madame Saint-Alard et sa charmante fille Sont aimables au moins. D'esprit elle pétille Cette chère Aglaé ; ne le trouvez-vous pas ?
dablanville, avec beaucoup d'apprêt.
Cette maison pour vous a donc bien des appas ?
TÉRIGNI.
Oui, sans doute.
DABLANVILLE.
Pour vous sur-tout je la regrette.
TÉRIGNI.
Quoi ! vous la quitteriez ?
DABLANVILLE
C'est une affaire faite.
TÉRIGNI.
Et c'est au moment même où nous nous connaissons Qu'il faut nous séparer.
DABLANVILLE.
Oh! nous nous reverrons.
TÉRIGNI.
Songez qu'à chaque pas vous m'êtes nécessaire.
DABLANVILLE.
Il n'est rien que pour vous je ne sois prêt à faire. Mais je n'avais ici qu'une chambre du haut. Ce logement n'est pas du tout ce qu'il me faut;