‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 4)Chapitre 155 sur 343 · ACTE II, SCENE X. 2i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE X. 2i

SOPHIE

Eh bien ! il est parti , mon frère.

FABRICE

Mais avant de partir il m'a parlé de toi.

SOPHIE

Vraiment ! a-t-il daigné songer encor à moi ? J'admire en vérité ton heureux caractère : Térigni nous oublie enfin , la chose est claire , Et tu le vois avec une tranquillité !

CLERMONT

Que j'aime son dépit et sa naïveté !

Pour la belle Aglaé tenant sa bourse ouverte ,

Au jeu comme il a pris pour lui toute la perte !

Il faut qu'elle ait bien peu de cœur pour recevoir....

A table où, tout près d'elle, on prit soin de l'asseoir,

N'as-tu pas remarqué comme, avec complaisance,

Ma tante d' Aglaé vantait le chant , la danse ?

A peine eut-on soupe , qu'il fallut l'écouter.

FABRICE

Mais à ton tour, pourquoi refuser de chanter? Quel caprice, ma sœur!.... ta voix a tant de charmes.

SOPHIE

Chanter , quand j'avais peine à retenir mes larmes î Bon Dieu ! comme elles sont coquettes à Paris !

CLERMOÏT.

Oui , c'est le naturel , mon enfant , du pays.

SOPHIE

Ah! quand pour contenter leurs passagers caprices, Elles s'arment ainsi de tous leurs artifices , Aux cœurs comme le mien blessés d'un trait profond Elles ne savent pas tout le mal qu'elles font.

CLERMONT

Calmez -vous ; Térigni vous restera fidèle : Je suis fort peu galant , ma chère demoiselle ; Mais avec tant d'attraits , mais avec tant d'amour , Comment ne pas compter sur un parfait retour ?

FABRICE

Oui, l'amour, la raison, et Clermont et ton frère S'uniront , et toujours tu lui resteras chère.

SOPHIE

Tu le crois ?

FABRICE

J'en réponds. Allons , plus de soucis.

Monsieur Clermont veut bien nous faire voir Paris; Tu vas être à-la-fois étonnée et ravie ; N'est-ce pas là 5 ma sœur , une aimable partie ?

CLERMONT

Nous passerons chez moi , Fabrice , en même temps , Je veux que vous voyez ma femme , mes enfants.

FABRICE

Nous serons tous les deux charmés de les connaître ; N'est-il pas vrai, ma sœur? venez donc, mon cher maître. Que n'est-il avec nous ce pauvre Térigni ?

SOPHIE

Que fait-il à présent ? lui seul nous manque ici.

FABRICE

Tandis qu'il court avec un flatteur mercenaire , Nous trouvons un ami dans l'ami de son père.

CLERMONT

Il sentira bientôt, peut-être à ses dépens,

Qu'on n'est vraiment heureux qu'avec les bonnes gens.

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