ACTE I, SCENE IV
Et perché , s'il vous plaît , il signor , se mêle-t-il de notre affaire ?
VICTOR
Voulez-vous empêcher de pauvres gens comme nous de gagner nostra vie ?
DORLIS.
Non; mais je saurai vous faire respecter ces dames.
MADAME DERCOUR.
Oh ! le brave jeune homme !
SOPHIE
Je respire.
Victor, a Florimon.
Ferme. Poussez la querelle.
FLORIMON.
Est-ce donc manquer de respect à ces dames que de vouloir leur faire entendre ce qu'il y a de mieux dans tous les opéras des Sarti , des Paësiello , des Cimarosa ?
DORLIS.
Tais-toi, impertinent.
VICTOR
Est-ce vous qui m'empêcherez de chanter ?
DORLIS.
Oui , ce sera moi.
Vous !
DORLIS.
Moi.
VICTOR
Allons donc.
*o LE VOYAGE INTERROMPU.
MADAME DERCOUR.
Eh ! de grâce , ne vous exposez pas ; vous voilà seul contre eux.
SOPHIE
Ne voyez -vous pas qu'ils sont ivres dès le matin ?
DORLIS.
Laissez-moi, mesdames, laissez-moi châtier ces insolents.
victor, à Florimon.
A merveille! courage!
FLORIMON.
Et je vous soutiens, moi , que je chanterai et que ces dames m'écouteront.
DORLIS.
Décampez au plus vite , je vous le conseille.
FLORIMON.
Je me moque de vos avis, et je chanterai.
Tiens , drôle , voilà pour t'apprendre à parler.
( II va pour donner un soiifflet à Florimon. ) florimon, l'arrêtant.
Assez , signor , assez. Il me paraît qu'on préfère votre conversation à la nôtre. Tant mieux pour vous. Ma , convenez que vous nous devez quelque reconnaissance. Quelque grande colère que nous vous ayons inspirée , c'est à nous que vous devez l'avantage de causer avec ces dames. La riverenzia , signor , de tout mon cœur. Allons , enfants , faire admirer ailleurs nos préciosissimes talents.
( Ils s'en vont en chantant. ) La science et la gloire, Chimère , éclat trompeur.