ACTE III, SCENE IV
MADAME SAINT-ALARD
Est-il vrai, Dablanville? [A demi-voix a Dablanville, mais assez haut pour que Térigni l'entende?) Sur un point important je veux vous consulter : C'est un nouvel époux qui vient se présenter Pour ma fille.
DABLANVILLE.
Je suis à vos ordres, madame.
madame saint-alard, sur le même ton.
Un excellent parti! je tremble au fond de l'ame; C'est mon unique enfant.
DABLANVILLE.
En cette occasion^, Plus que jamais , il faut de la réflexion. madame saint-alard.
Tenez , voici la lettre , elle est précise et claire. dablanville.
(A Térigni.) [A madame Saint- A lard.)
Vous permettez , ami ? Confiance bien chère !
(Il emmène madame Saint- A lard sur un coté du théâtre; ils ont l'air de converser ensemble, et ne font en effet qu observer ce qui se passe entre Aglaé et Térigni.)
AGLAÉ
Vous paraissez rêveur !
térigni , timidement.
Ah! de grâce, excusez; Bien des époux déjà vous furent proposés ; Il paraît aujourd'hui qu'un nouveau se présente.
AGLAÉ
A l'accepter je doute encor que je consente.
De tous ces jeunes gens qui briguent votre cœur , Pas un seul n'a donc pu vaincre votre froideur?
AGLAÉ
La jeunesse, à Paris, est perfide ou volage;.... J'ai senti ces défauts, sur- tout dans le voyage.... Où je vous rencontrai pour la première fois.
térigni , très-vivement.
Comment ! à cette époque auriez-vous fait un choix ? De grâce, répondez?
AGLAÉ
Ma mère nous regarde , Modérez-vous.
térigni, avec timidité.
Eh bien! en tremblant je
hasarde
Une prière.
AGLAÉ
Quoi?
TÉRIGNI.
Vous m'allez refuser.
C'est.,
... un
mot d'entretien.
AGLAÉ
Qu'osez- vous proposer?