ACTE V, SCENE I. *j
Cependant toujours plein des soins les plus touchants. Il m'a déjà chargé d'aller chez des marchands. Ne me trahissez pas ; car il veut vous surprendre.
MADAME SAITfT-ALAKD.
Etonnez-vous qu'on ait pour lui le cœur si tendre. Il s'agit de choisir peut-être des bijoux, Des diamants , que sais-je ?
DABLANVILLE.
Enfin rapportez-vous A mon zèle , à mon goût.
MADAME SAINT-ALARD
Ah! oui, cher Dablanville, Vous nous avez été , sans mentir , bien utile.
DABLANVILLE.
Eh! mon Dieu! je n'ai fait que suivre mes penchants; Et naturellement j'aime à servir les gens.
MADAME SAINT-ALARD
Quoi que vous exigiez , comptez sur votre amie,
DABLANVILLE.
Hélas ! un petit bien , les douceurs de la vie , C'est tout ce que je veux; j'ai peu d'ambition.
MADAME SAINT-ALARD
Que ce dédit est fait avec précision!
Mais où l'avez-vous mis après la signature?
dablanville, le tirant avec précaution de sa poche.
Il est là , le voici.
madame saint-alard, tendant la main pour le prendre.
Donnez, je vous conjure.
dablanville, le retirant.
Non pas.
i66 L'ENTRÉE DANS LE MONDE.
MADAME SAIWT-ALARD.
Comment?
DABLANVILLE.
Deux mots. S'il ne me sert en rien , il vous est nécessaire.
MADAME SAINT-ALARD
Oui, nécessaire.
DABLANVILLE.
Eh bien !
Serait-il fort prudent à moi de m'en défaire?
MADAME SAINT-ALARD
Je n'entends pas.
DABLANVILLE.
Pourtant ma phrase est assez claire.
Vous vantiez tout à l'heure , avec effusion , Mes services, mon zèle. Heureuse occasion D'exercer envers moi votre reconnaissance!
MADAME SAINT-ALARD
Ah! ah!
DABLAÎfVILLE.
M'entendez-vous maintenant?
MADAME SAINT-ALARD
Je commence.
DABLANVILLE.
fïh bien donc! vous plaît-il négocier l'objet?
madame saint-alard, en s 'efforçant de rire. Oh ! la plaisanterie est charmante , en effet. Mais doutez-vous de moi ? La demande est si prompte !...
DABLANVILLE.
Aussi ne s'agit-il que d'un léger à-compte. madame saint-alard, détachant une bague de
Si ce brillant pouvait.
son doigt.