ACTE I, SCENE VIL
FLORIMOJ.
Eh ! mais , que diable , tout va le mieux du monde ! pourquoi partir si promptement?
DORLIS.
C'est que dès demain peut-être elle est mariée à un autre ; on attend le futur aujourd'hui : c'est un monsieur La Mortillière , un élégant de Moulins ; elles ne le connaissent ni l'une ni l'autre ; mais il est riche : c'est un oncle qui fait ce mariage ; et moi , inconnu , sans appui , comment espérer d'obtenir la préférence!
VICTOR
On la marie à un autre!
FLORIMOI.
Oh ! parbleu , ceci devient piquant ! La Mortillière , dis-tu, qu'on attend de Moulins aujourd'hui? Victor!
VICTOR
Me voilà.
FLORIMOF.
Eh ! vite , mon garçon , sur la route de Moulins , à la première auberge ; observe , examine les voyageurs , interroge les passants, les domestiques, les postillons ; il s'agit de reconnaître ce fameux La Mortillière , de le retenir aussi long-temps que tu pourras , et de revenir m'annoncer ici son arrivée. Je t'attends.
VICTOR
J'y cours. Un faraud de Moulins qui vient prendre possession d'une femme , cela se reconnaît d'une lieue. Vous aurez bientôt de mes nouvelles. (Il sort.)