ACTE V, SCÈNE VIL
Cette femme vantait sa probité , ses biens , Vous ne lui supposiez que d'honnêtes moyens , Et d'un premier amour son Aglaé victime , Vous semblait mériter la plus parfaite estime : Connaissez votre erreur, connaissez leurs complots; Ces grands biens , cet honneur, cet amour , tout est faux. Les preuves , les voilà.
(Il tire avec vivacité de sa poche plusieurs papiers qu'il donne a Térigni, et que celui-ci parcourt avec avidité.}
De mon fils avec elle Cette correspondance entière et bien fidèle ; A des joueurs connus ces invitations ; De créanciers nombreux ces assignations ; Enfin ce double nom qui n'est qu'un stratagème , Pour pouvoir m'échapper : lisez , jugez vous-même. Qu'après avoir sauvé mon fils, je puisse aussi Le sauver à son tour , le fils de mon ami !
TÉRIGNI.
Grand Dieu !
MADAME SAINT- A LARD
N'attendez pas que je me justifie ; J'ai prouvé que je sais braver la calomnie. Vous , Térigni , sachez remplir votre devoir ; Je ne m'abaisse pas jusqu'à faire valoir Les droits que j'ai sur vous. Non , c'est votre tendresse. Votre équité , sur-tout votre délicatesse Que pour ma fille ici j'ose solliciter.
CLERMONT
Que dit-elle? Un moment, pouvez-vous hésiter ?
TÉRIGNI.
Vous ignorez , Clermont , le lien qui m'engage.