‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 4)Chapitre 223 sur 343 · SCENE VIII. 3o · texte numérisé non relu

SCENE VIII. 3o

MALINVAL.

Pardonnez - moi , on a toujours besoin d'un ami comme moi , et sur - tout quand on est dans votre position ; et vraiment je la connais : vous êtes jeune , sans état, sans fortune, par conséquent je puis vous être utile, n'est-il pas vrai?

ARMAND

Mais peut-être, en effet.... (A part.) Si j'osais lui confier mes secrets sentiments!

MALINVAL.

Ah çà! parlez-moi franchement; je vous trouve inquiet , vous avez quelque chose qui vous occupe ?

ARMAND

Vous devinez cela?

MALINVAL.

Croyez-vous donc qu'on soit parvenu à mon âge impunément? Si bien donc que les chagrins qu'on a au vôtre viennent presque toujours de quelque penchant... Vous vous troublez... vous rougissez... m'y voilà!

ARMAND

Ah! gardez-vous bien de révéler.... et sur-tout dans ces lieux....

MALINVAL.

Soyez tranquille , je suis discret. Mais pourquoi cette crainte? je vous examinais tout-à-1'heure pendant que notre fâcheux était là : me tromperais -je? c'est ici qu'est l'objet de votre passion ! c'est la petite Durmont que vous aimez ! maintenant je devine le reste : vous n'osez la demander au père?

ARMAND

Il est si riche , et moi si pauvre !

Page 1