‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 4)Chapitre 230 sur 343 · SCENE XII. 3ii · texte numérisé non relu

SCENE XII. 3ii

CÉCILE

Ah ! pardon , je craindrais de vous déranger.

MALINVAL.

Me déranger ! jamais. Je suis enchanté de vous voir. Il faut que je vous parle.

CÉCILE

A moi ! Et qu'avons-nous à démêler ensemble , s'il vous plaît?

MALINVAL.

Rien, malheureusement. Autrefois, près d'une jeune personne , charmante comme vous , je me serais bien gardé de parler pour un autre.

CÉCILE

Venons au fait.

MALINVAL.

Vous parliez tout à l'heure , à part vous , du jeune Armand ; c'est de lui que je veux vous entretenir.

CÉCILE

De lui! comment?

MALINVAL.

Il vous adore,

CÉCILE

Il m'adore !

MALINVAL.

N'est-ce pas là le terme dont ils se servent pour dire qu'ils sont amoureux ? Enfin il brûle de vous épouser ; et comme il est fort timide , il m'a chargé de parler à votre père. Je l'ai fait.

CÉCILE

Il n'avait pas besoin, je crois, de votre entremise.

MALINVAL.

Pardonnez-moi ; il connaît ma finesse , mon talent ;

3i6 LES VOISINS.

il s'est donc adressé à moi , et il a bien fait , car j'ai décidé votre père en sa faveur.

CÉCILE

Cela n'était pas bien difficile.

MALIJVAL.

Pardonnez-moi , très-difficile , parce que la richesse

de votre père Mais enfin j'ai peint le jeune homme

sous des couleurs si avantageuses , si intéressantes....

CÉCILE

Vous le connaissez donc ?

MALINVAL.

Beaucoup, et je l'aime de tout mon cœur. Il ne me reste plus qu'à servir mon jeune ami auprès de vous. Je vous dirai d'abord que c'est un jeune homme à qui les sacrifices ne coûteront rien pour s'attacher à vous.

CÉCILE

Comment ! les sacrifices ? Que voulez-vous dire ?

Qu'à son âge il est impossible qu'on n'ait pas quelque intrigue ; et je sais de bonne part qu'il a été en grand commerce de galanterie avec une très-aimable dame.

CÉCILE

Que dites-vous ? Quoi ! Armand , ce jeune homme si délicat , que je me flattais d'avoir rendu sensible ; il se pourrait....

malinval, a part.

Bon ! la voilà jalouse ; elle l'aimera.

CÉCILE

Mais êtes-vous bien sûr de ce que vous dites ?

M ALINVAL.

Vous entendez fort bien qu'on n'avance pas des faits de cette importance sans les preuves les plus positives ;

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