SCÈNE VIII
PAVARET, MAGDELON.
MAGDELOI.
Il est aimable ce jeune officier. Oh ! nous autres jeunes filles, nous avons toujours un certain je ne sais quoi qui nous prévient en faveur des militaires ; et puis vous, monsieur, vous m'avez l'air d'un drôle de corps : aussi , si vous aviez besoin de mes petits services , par aventure, je vous les offre, et de bien bon cœur.
PAVARET.
Bien obligé , mon enfant. Dites-moi simplement si vous connaîtriez un certain Lasaussaye , marchand de bois à quatre lieues d'ici ?
MAGDELOI.
Pardi! si je le connais! c'est lui qui était hier avec vous dans la diligence ; c'est lui qui va épouser la nièce du docteur Montrichard ; et comme André , le valet du docteur, me fait la cour, à moi
PAVARET.
Oui-da !
MAGDELOÏT.
André ne le connaît pas ce M. Lasaussaye ; il n'y a que quinze jours qu'il est chez le docteur ; mais moi
qui suis depuis un an dans l'auberge Et tenez, le
voilà.
Qui? M. Lasaussaye?
M A G DEL ON
Précisément. Il est matinal. Ah! dame, quand il s'agit d'un mariage et d'une succession
38a LE COLLATÉRAL.
PAVARET.
Eh bien ! quand nous l'avons dit , sa tournure ne dément pas son esprit. Mais s'il est à propos que je l'entende , il n'est peut-être pas à propos qu'il me voie. Je vous laisse avec lui, et je me mets là en embuscade derrière la porte pour observer à mon aise....
(// se cache derrière la porte de V auberge. )