‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 4)Chapitre 290 sur 343 · ACTE II, SCENE XVII. 3o · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XVII. 3o

DERVILLE

Au moins vous déjeunerez avant de quitter Joigny.

ROUGE AU

Parbleu !

PAVARET.

C'est que le capitaine , pour nous faire ses adieux , veut nous traiter magnifiquement. Vous en serez , cher conducteur ?

ROUGE AU

Beaucoup d'honneur certainement; et je me fais un devoir....

DERVILLE

Parlons franchement, cher conducteur; si je vous disais que j'ai à Joigny des affaires où j'ai besoin de mon ami seulement pour deux heures.

ROUGEAU

Comment !

SAINT- HIL AIRE

Que dites-vous?

MADAME SAINT- HILAIRE

Vous avez besoin de M. l'avocat ?

PAVARET.

Avez-vous dans votre route quelque paquet qu'il faille remettre promptement , quelque message important et pressé ; là , de ces choses qui ne souffrent pas de remise?

ROUGEAU

Non pas que je sache; mais....

PAVARET.

C'en est assez. Oh! si votre retard pouvait causer le moindre tort au service public ou particulier, je me ferais un scrupule.... mais monsieur et madame Saint-

3o,4 LE COLLATERAL.

Hilaire qui brûlent du désir de se promener dans la ville....

De nous promener ?

MADAME SAINT-HILAIRE

Nous?

PAVARET.

Et puis ce déjeuner qui nous attend.

ROUGEAU

Mais comment me justifier auprès de mes chefs ?

PAVARET.

Les relais auraient pu se faire attendre plus longtemps ; la diligence ne peut-elle pas verser une seconde fois? une roue ne peut-elle pas se casser? Supposez qu'un de ces accidents fût arrivé... Mais nous discuterons mieux cette affaire à table. (A Derville.) Je te marie à ta Constance. (A madame Saint-Hilaire.) Vous êtes belle comme l'amour. (A Saint- Hilaire.) Vous me lirez votre tragédie. i^A Rougeau.) Nous n'épargnerons pas les pour-boire. (A tous.) Allons déjeuner. (Ils rentrent dans l'auberge.)

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