ACTE II, SCÈNE IV. 3o
devait faire le contrat cle mariage , et il faut précisément que sa femme accouche hier. Au surplus, vous voyez que je ne vous trompais pas ; voilà le prétendu qui arrive , la noce ne tardera pas à se faire ; c'est mon frère qui m'écrit ; il espérait venir lui-même me présenter mon gendre ; une indisposition subite le retient à Moulins. Le jeune La Mortillière n'a pu résister au désir de voir ma fille , et je vous avoue que cette impatience me prévient en sa faveur.
DORLIS.
Puisse mademoiselle votre fille être heureuse dans les nœuds qu'elle va former ! Mais, madame, je ne m'aperçois pas que je deviens importun.
MADAME DERCOUR.
Importun ! pouvez-vous jamais l'être ? Restez donc , je vous en prie; mon gendre ne peut pas tarder, et je serai enchantée que vous me disiez votre sentiment sur son compte.
DORLIS.
Ah , madame!.... ( A part. ) Que je souffre !
( Ici on entend dans la rue un bruit de chaise de poste et un claquement de fouet. )
Une chaise de poste qui s'arrête ! serait-ce lui ?
( Elle va regarder a la fenêtre. )
DORLIS.
Il n'en faut pas douter , c'est lui-même. Et pas de nouvelles de Florimon !
MADAME DERCOUR.
C'est lui ; le voilà qui descend de voiture ; regardez , regardez donc. {Elle appelle. ) Javotte ! Javotte!
4o LE VOYAGE INTERROMPU.
dorlis , h part , en regardant a la fenêti*e. Eh mais! je ne me trompe pas; c'est notre chaise de poste , ce sont nos chevaux ; serait-ce Florimon ?