‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 4)Chapitre 331 sur 343 · ACTE V, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IL

LASAUSSAYE.

Ah ! ma chère cousine ! il a été l'interprète cle mes sentiments; je vous adore.

MADAME SAINT-HILAIRE

Mais quels droits aurait-il donc à ma main , à cette succession ?

PAVARET.

Aucun fondé sans doute; mais la succession n'est pas claire et liquide : il y a une foule de créanciers.

LASAUSSAYE.

Une foule véritablement.

PAVARET.

Que pourrait entendre à ces sortes d'affaires une jeune personne comme vous , arrivant d'Amérique , ignorant nos usages , nos lois ? Tandis que M. de Lasaussaye, homme d'esprit, plein d'expérience, qui entend les affaires comme un procureur , vous épargnera des peines , des embarras....

MADAME SAINT-HILAIRE

Eh quoi ! dès la première entrevue !

PAVARET.

Mais vous êtes cousins, cousins germains, jeunes , dignes l'un de l'autre ; vous êtes vive , il est vif, je suis vif : voilà nécessairement comme nous devons mener les affaires.

MADAME SAITfT-HILAIRE.

Non, laissez-moi , je m'en veux de vous avoir écouté si long-temps. Vous allez me prendre pour une coquette.... Je ne sais , en vérité , où j'en suis : c'est une proposition si brusque ; et cependant je ne dis pas qu'un jour.... mais pour le moment, mon cher cousin, le trouble, la confusion, la pudeur.... permettez - moi

de me retirer ; nous parlerons de nos affaires dans un autre moment ; ne me suivez pas. Monsieur l'avocat , j'accepte avec plaisir vos conseils.

(Elle rentre dans sa chambre. )

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