EUGENE DE SENNEVILLE
été instruit de quelques faits que je n'ai pu con-^ naître au moinent où ils se sont passés.
Un de mes parents, qui joue un rôle important ' dans notre histoire, était grand admirateur d'Horace. A mesure que nous avancions en âge, il fai*
^ sait à Guillaume et à moi l'application des vers de l'Art poétique, dans lesquels le favori de Médlne a décrit d'une ^manière aussi vraie qu'énergique les penchants, les habitudes, les passions de l'homme à chaque âge de la vie. J'ai cru devoir prendre ces vers pour épigraphes des différentes parties de notre histoire.
Quelques lecteurs trouveront peut-être que je me suis étendu avec trop de complaisance sur les détails de notre enfance; peut-être quelques autres me sauront gré d'avoir reporté leurs souvenirs vers
ce premier âge : quant à moi , j'ai pensé que je ne
pouvais trop faire sentir comment de la différence de notre éducation est partie, pour ainsi dire, la différence de nos -mœurs et de notre sort.
Guillaume et moi nous avons fait les mêmes études au même -collège ; nous avons été presque toujours environnés des mêmes objets; mais on nous les a fait voir, et nous les avons envisagés nous-mêmes, sous différents aspects.*
Séduit par les mauvais exemples, j'ai voulu les