Tome IX
avait étendu les projets de Beauclair, et fait naître ceux de Gaspard*
Ces projets ne purent échapper à Tœil claîrvoyan|^ de mon càiisin César.. Il ne négligea rien pour les rompre* Il interrompait nos ekitretiens ; il cherchait, à détpiire les impressions qui na'w liaient résinées. Il . avertissait ma mèi^ei ma tante de s^ défier ilu marquis et des procureurs; mais voyant que ma «mère, dominée par moi, qui me laissais^ dominer par les autres écoutait £siibleaient 45es conseils, voyant queBeau? dair prolongeait son séjour , quoiqu'il eût annoncé son prochain départ , il prit le parti de s'adresser directe* ment à lui.
a M. le marquis , lui dit - il , c'est bien méritoire à « vous de rest^ aussi long*temps dans une triste pro-. m yince pour consoler mon petit cousin Eugène. Estce ce que vous ne regrettez pas la vie brillante d^ParisL?\ a Est* ce que vous ne comptez pas bientôt y retoura ner ? to Beauclair , étonné de cette brusque apostro* phe , incertain s'il devait rire ou se i&cher , regardait mon cousin , et cherchait à répondre. « Tenez , court tinua C^sar j j'ai souvent éprouvé que le droit chemin (c est le meilleur et le plus sytr. Nous craignons que le a tableau de vos plaisirs, le récit de vos conquêtes ne « séduisent Eugène, et ne le fassent renoncer au plan <L que sa^ famille a formé pour son bonheur. » — « Et <t vous craignez que ma présence ne dérange ce beau « plan formé pour son bonheur ? » ..^ « Peut - être <c avons*nous tort ; maïs , à votre place , moi , je na « voudrais pas causer de ahiaigrin à la. f^unille de mon ce ami. Je n'en suis 'pas moins «disposé à rendre justice
ET GUII^LAtTME. 179
«à la déKcaleâae de vos sentîoients pour nous. Hier « Eugène içe parlait d'iui cèrtaia^ emprunt que tous 4 vduliez.kit faire. Il me priait d'engager sa mère à ne « pas lui refuser le plaisir de vous obliger. Eli mon « Dieu ! si vous Voulez nous prouver que vous éteis vé- «. ritablement QOtre ami, vous me voyez tout prêta « employer en 4otre fàveftr le peu de crédit qui mè « re^esur madame de Sen^ville. » Pour te coup, ^eauclair 'crut devoir se. fâcher. Il reg£»*dait la proposition èomme injurieuse. Eh quoi! mettre son départ pour condition d'un prêt d'argent !' Pour qui le prenait-on ? IL n'était pas encore si au dépourvij.... ^ A la bonne fn heure, lui dit César, n'en parlons plus.» Et itle quitta.
Le soir même, Béiauobtc chercha mon cousin César : il était pressé d'argent ; les offres- détournées du bossii l'avaient tenté. Beauclair n'était encpre que léger , £rivole et libertin. H comptait réellement s'acquititer sur ses héritages. Il montra bien encore à César un peu de colère ; mais il s'apaisa ^toUt douc^Mnt, et entra en pourparlers César saisit vivement l'pccalion. Il nous empêcha de prétisr de l'argent comptant ait mar-^ quis , mais il fit signer à ma mère un mandat sur notre banquier de Paris.* C'était Victor MatheUn , notre camarade de collège , qui avait pris la maison de son père. * '
Ainsi m<m coiiisin César ne balançait pas sur les moyens de me retenir à Coutandes.. Il regardait la grosse somme prêtée à Beauclair eomihc» très-bien employée , puisqu'elle servait à me délivrer d'un dangereux ami.
VSk.
i8o .EU6ÈNE
Beauclair partit ; maïs il {)roinit de m'écrire , H A fujt fidèle à sa promesse ; mais IVT. Gaspard avait déja^ fait dçs progrès dans la coôfiabce de ma tnère et dansla mienno: mais Beauclair , en partant, avait donné ses instructions à M.Dupré , valet de chambre parisien ^ habile, sçumis, empressé^ tpie M. le marquis avait amené avec lui en Normandie , dont j'avais admiré Tex^^ celle^ service , et que , par amitié , M. le marquis avait
bien voulu me céder.