‹ Œuvres de L.B. PicardChapitre 64 sur 70 · Tome IX, ' Î^'S · texte numérisé non relu

Tome IX, ' Î^'S

386 EUGENIE

repentais , d^avôir refusé les oiTres de Guillaume ; je voulais aller voir Duverdier ; la honte et Torgueil me retenaient ; quelquefois il me prenait des accès de désespoir. Enfin, voyant nie^ ressources diminuer de jour en jour , j'écrivis à Caroline ; je lut annonçai que j'acceptais la place qu^elle mWait offerte ; je la priais surtout de ne me faire connaître que sous mon nom de baptême.

Au lieu de me répondre, Caroline m*învite à passer chez elle, «c Hélas ! mon cher baron , pie dît-elle , il est a trop tard. L'on ne peut plus vous offrir qu'une simple «place de commis: la voufez-vous?» — «Non, certes»? lui répondis-je , et je descendis précipitamment les escaliers ; mais je n'étais pas arrivé aux dernières marches , que je m'étais déjà repenti de mon refus. Qui sait si demain cette dernière et misérable ressoùi'ce ne me sera pas enlevée ? Je remonte chez Caroline, ne je le «vois trop, lui dis -je, en me résignant avec rage; <c il faut fouler âus: pieds toute espèce d'orgueil. J'ac- « cepte; faites de n)oi tout ce que vous voudrez. » Dans la journée , je reçois un# lettre , un papier ; et , sous la simple désignation du sieur Eugène ,' voila ie fils de M. le baron de Sennevîlle commis aux vivres à Châlonssur-Marne.

Avant de partir, il fallait faire viser âia commission par un second administrateur. Quel est cet autre administrateur ? II sembfe que je sois condamné à subir, à l'entrée de la carrière que jq vais p?ircourir, les plus cruelles humiliations., C^est Gaspard, mon* intendant; il n'avait pu parvenir à entrer dans îa ferme générale; il s'était jeté dans les vivres, et le traître venait de

ET GUILLAUME. àSy

prend^ le bel appartement dont j'avais été chassé par mes créanciers. Eh bien ! j'éprouve une espèce de satisfaction à me présenter dsvaht lui. Lié par la reconnaissance .envers Caroline , je n'ai pn soulager mon cœur ; mais Gaspard! Je. ne lui dois rièu, et il m'a tout pris. ^Surpris, effrayé de Ina visite, il essaie de s'a'pitoyer sur mon sort. Je lui impose «lence, comme si c'était lui qui fut encore mon subordonné , et, 'tandis qu'il se hâte de remplir la formalité qui m'est nécessaire , j'exhale cpntre lui toute ma fureur.

Je n'avais plus de chaise de 'poste, Je montai dans le courrier delà malle , qui bientôt me conduisit à Châlons.

Guillaume avait été consterné de la lettre que je lui avais écrite en m'échappant de la maisop de Duverdier. Après huit jour» de rediercfaes inutiles dans tout Paris , désolé de ce que je me fusse soustrait à son amitié , il avait repris^ avec César, la rpute de Coutances. Il trouva des consojialîions dans ses utiles travaux, dans la tendresse de ses parents, sur-tou^dans l'amour d'une femme chérie qui dqai'avaît repdu pète. Mais ma présence manquait à son bonhllur. a Pauvre Eugène», avait dit Césat à la lecture de ma lettre! « il s'est fc ruiné ; il fuit ses amis , et le voilà qui médite de faire «une nouvelle fortune! Peut-être y parviendra-t-il; « mais par quels moyens ? '

Conversis studiis, aétas anioifisque virilis Quaerit opes et amicitias, inservit honori, Commisisse cavet qilM Aïox mutare laboret.

Dût-on m'accuser de finir chaque partie de cette histoire comme un capucjn finit un des points de son

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sermon , c'est le développement de ces veirs qui fa faire la matière, de la troisième. Ten donne d'ii^ance l'épigraphe, et, pour la. connnodité' de ceux qui n'entendent pas Horace aiiss? bien que mon cousin. César, je cite encore Boileau , son heureux imitateur.

L'âge viril, plus mûr, inspire un air plus sage. Se poussé auprès des grands, s'intrigue, se ménage Contre lê^* coups du sort, songe à se maintenir. Et loin d^ns le présent regard^ l'avenir.

JFIN DE LA SSCONDi: ^AKTIB ET nu XOMS HEfTTJÈMB.

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