VI. — Adjectifs pronominaux possessifs
Emplois remarquables (voyez, au Lexique^ les divers mots de cette classe) :
Qui considéreroit bien le prix du temps, et combien sa perte est irréparable, pleureroit amèrement sur de si grandes misères. (I, agS.)
Dans les exemples qui suivent, nous avons le possessif dans des tours où nous nous contentons ordinairement de l'article :
Il ouvre de grands yeux, il frotte ses mains, il se baisse. (II, i35.)
Il demande ses gants, qu'il a dans ses mains, semblable à cette femme qui prenoit le temps de demander son masque lorsqu'elle l'avoit sur son visage. (II, 7.)
Ménalque est surpris de se voir à genoux sur les jambes d'un fort petit homme, ap})uyé sur son dos, les deux bras passés sur ses épaules, et ses deux mains jointes et étendues qui lui ferment la bouche. (II, 9.)
Un homme superstitieux, après avoir lavé ses mains..., se promène une grande partie du jour avec une feuille de laurier dans sa bouche. (I, ô5 et 66.)
On peut voir ci-dessus, p. xt.ii, aux Pronoms personnels, 5°, des emplois de mots possessifs se rapportant à on. Von, ou exprimant le même rapport indéterminé qu;ce pronom.
Voici deux exemples (nous pourrions aisément en augmenter le nombre) où le rapport est grammaticalement incertain, mais déterminé par le sens :
Il descend du Palais, et trouvant au bas du grand degré un carrosse qu'il prend pour le sien, il se met dedans : le cocher touche et croit remener son maître dans sa maison. (H, 8.)
L'on ne trouve rien de bien dit ou de bien fait que ce qui part de-, siens... : cela va jusques au mépris pour les gens qui ne sont jjas initiés dans leurs mystères. (I, 276.)
Pour l'expression des rapports, nous voyons, en maint endroit de no; bons auteurs, qu'ils ne croyaient point avoir à pousser la rigueur grammaticale au delà de ce qui
fit pour la clarté.
xLiv LEXIQUE DE LA BRUYÈRE.