‹ Œuvres de La Bruyère (volume 2)Chapitre 540 sur 861 · LAISSE · texte numérisé non relu

LAISSE

Son chien.... est attaché avec une laisse d'or et de soie. (I, 386.)

LAISSER ; ne pas laisser de ; laisser-courre, terme de chasse :

Un grand s'enivre de meilleur vin que l'homme du peuple : seule

différence que la crapule laisse.... entre le seigneur et l'estafier. (I, 348.)

Il a laissé à douter en quoi il excelloit davantage, ou dans les belleslettres, ou dans les affaires. (II, 467-)

Il laisse en mourant lui monde qui ne se sent pas de sa perte. (I, i5i.)

[Théophraste] put compter bientôt dans l'école qu'il (Aristote) lui avait /««ie'e jusques à deux mille discijDles. (I, 17.)

Il y a des endroits dans l'opéra qui laissent en désirer d'autres; il échappe quelquefois de souhaiter la fin de tout le spectacle. (I, i33.)

Ses premières comédies (de Corneille) sont sèches et ne laissaient jias

espérer qu'il dut ensuite aller si loin. (I, iSg; voyez I, 242, /. i.)

L'on ne laisse pas de lire quelquefois, dans ce traité des Caractères, de certaines mœurs qu'on ne peut excuser.... (I, 27 et 28.)

Vous le verrez quelquefois tout couvert de lèpre.... ne pas laisser de se mêler parmi le monde. (I, 70.)

JOU] DE LA BRUYÈRE. 2o3

JEU, au propre et au figuré ; jeu d'esprit : Laissez-les jouer un yeK ruineux. (II, i53.)

Il n'y a rien qui mette plus subitement un homme à la mode .. que le gTAinljeu. (II, 144.)

Voyez I, 188, II. Sa; I, 267, «. 71; 1,268, n. 726178; 1,270, n. 75; II, 46, l. îq; II, 47, n. loi ; II, loi, L I.

Avoir, s'il se peut, un office lucratif, qui rende la vie aimable...; écrire alors paryé-M, par oisiveté. (II, 88.)

Un autre (la Fontaine) plus égal que Marot et plus poëte que Voiture, a lejeu^ le tour, et la naïveté de tous les deux. (II, 461.)

Il y a des ouvrages qui commencent par A et finissent par Z.... On les appelle des Jeux d'esprit. De même il y a un Jeu dans la conduite : on a commencé, il faut finir. (II, 47.)

Le stoïcisme est unye« d'esprit. (lï 3.)

JEUNESSE, sens collectif :

La jeunesse de la cour. (I, 289.)

JOINDRE quelque chose ; joixdre quelqu'un ; se joixdre :

Il leur coûte moins (aux hommes) de Joindre les extrémités que d'avoir une conduite dont une partie naisse de l'autre, (II, 69.)

Il vous quitte brusquement ^our joindre xui seigneur, (I 358; voyez II, 9, L II.)

Cet autre que l'on femt de ne pas connoître, et dont l'on veut encore moins se laisser yo|H^/re. (II, 63; voyez I, 222, /. 3.)

Ils ne lui sourioient plus, ils commençoient à ne le jplmjoindre. (I,3i9.)

On se joint ensemble pour se rassurer. (I, 276.)

JOLI, lE :

Il a,.,, le plus yo/; maintien. (II, 149.)

Il ne donne point à un homme agre'able la matière cVun Joli conte. (I, 356,)

Un homme.... se donne.... un Joli spectacle.... (I, Sai.)

Combien de jolies phrases lui faudra-t-il essuyer! (I, 219.)

Un tissu de jolis sentiments. (I, i38.)

JOUER, au propre et au figuré; jouer de; se jouer; se jouer à, de : Il jette le verre d'eau dans le tric-trac, et inonde celui contre qui il joue. (II, 10.)

L'amorce est déjà conduite, et la mine prête k Jouer. (I, 3i3.) Tous les chats.... se sont jetés avec fureur les uns sur les autres, et ont joué ensemble de la dent et de la griffe. (II, 129.)

Il faut convenir que nous jouons d'un grand bonheur. (I, Sji.) La fortune..., ne leur rit plus; elle se Joue ailleurs. (I, 272.) Onuphre n'est pas dévot, mais il veut être cru tel... : aussi ne se Jouet-ilpas à la ligne directe.,.; il en veut à la ligne collatérale. (II, i58.)

Où la religion a échoué quand elle a voulu l'entreprendre, l'intérêt s'en joue et le l'ait sans peine. (I, 827.)

Celui qui a fait les cieux les astres.,., et qui se joue de les faire mouvoir. (II, 269.) ^ ^ J

JOUIR de :

Ses voisins en manquent (de pain) aussi bien que de couteaux et de fourchettes, dont il ne les laisse Y>AsJouir longtemps. (II, 12.)

JOUISSANCE, plaisir, volupté :

Une épigramme sur une belle gorge,.,, un madrigal sur une Jouissance. (II, 44^-) — Voyez les Précieuses ridicules de Molière, scène ix, p, 80,

JOUR, au propre et au figuré j un jour, le jour; de jour à autre; UN beau jour ; se faire jour :

Vous avez eu, lui dit-il, de beaux yowr^ à Fontpinebleau. (II, ii.)

Tout ce qu'ils exposent au grand Jour de l'impression. (II, 443.)

L'antithèse est une opposition de deux vérités qui se donnent du Jour l'une à l'autre. (I, i44')

Certaines couleurs changeantes, et qui sont diverses selon les divers Jours dont on les regarde. (I, 298.)

Je n'ai pas espéré que cette compagnie pût être une autre fois.... prise dans un jour plus favorable. (II, 44^.)

Ne montrer que les vertus, et les mettre dans leur Jour. (I, 35o.)

S'il trouve une barrière de front..., il.... va à droit ou à gauche, selon qu'il y voit de jour et d'apparence. (I, a58.)

Si Onuphre ne trouve pas /oj^r à les en frustrer à fond (d'une succession), il leur en donne du moins une bonne partie. (II, i58.)

Je le déclare nettement, afin que l'on s'y prépare et que personne un jour n'en soit surpris. (II, 169.)

S'il l'a un jour envoyée chez le teinturier (sa robe)..., comme il n'en a pas une seconde pour sortir, il est obligé de garder la chambre. (I, 76.)

Il lui échappe de l'appeler son fils dix fols le Jour. (II, 14.)

Foule de.... courtisans, dont la maison d'uai ministre se dégorge plusieurs fois le Jour. (I, 35g.)

La distance qu'il y a de l'honnête homme à l'habile homme s'affolblit de Jour à aufre^ et est sur le point de disparoître. (II, 9g.)

Ils voient Je Jour à autre un nouveau culte. (II, 288.)

Celui qui un beau Jour sait renoncer.... ou à un grand nom.... ou à une grande fortune, se délivre en un moment de bien des peines. (I, 336.)

Quelle peine à un homme qui est sans preneurs.... de se faire Jour à

travers l'obscurité! (I, 1S2.)

JOUVENCEAU, JOUVENCEL. (II, 2i5, /. 5 et 6.)

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