‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 215 sur 373 · L.\ Bruyère i la · texte numérisé non relu

L.\ Bruyère i la

ainsi que le bourgeois en baudrier*, les écarte et devient maître de la place : il est écouté , il est aimé ; on ne tient guère plus d'un moment contre une écharpe d'or ^ et une plume blanche, contre un homme qui parle au Roi et ^oit les ministres. Il fait des jaloux et des jalouses*, on l'admire, il fait envie : à quatre lieues de là', il fait pitié, (éd. 4-)

3o. Un homme de la ville est pour une femme de province cequ'est pour une femme de ville* un homme de la cour.

3i. A un homme vain, indiscret, qui est grand parleur et mauvais plaisant, qui parle de soi avec confiance et des autres avec mépris, impétueux, al tier, entreprenant, sans mœurs ni probité, de nul jugement^ et d'une imagination très-libre, il ne lui manque plus, pour être adoré de bien des femmes, que de beaux traits et la taille belle.

32. Est-ce en vue du secret, ou par un goût hypocondre, que cette femme aime un valet , cette autre un moine , et Z)ori«/ze son médecin?

33. Roscius entre sur la scène de bonne grâce : oui, Lélie ; et j'ajoute encore qu'il a les jambes bien tournées, qu'il joue bien, et de longs rôles, et que pour déclamer parfaitement il ne lui manque , comme on le dit , que de parler avec la bouche; mais est-il le seul qui ait de l'agré-

1. Les petits-maîtres bourgeois se paraient alors d'une épée.

2. Ne pouvaient porter des étoffes et des passementeries d'or que les officiers faisant partie de la maison du Roi et les courtisans auxquels le Roi l'avait permis par ordre ou par brevet.

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