‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 276 sur 373 · Apparoir, pour apparaître, terme de Palais · texte numérisé non relu

Apparoir, pour apparaître, terme de Palais

* Voyez Brillon, Dictionnaire des arrêts, édition de 1727, au mot Avocat, et au mot Juge.

comme un fantôme dans le sombre de son cabinet ; se cacher au public, éviter le théâtre, le laisser à ceux qui ne courent aucun risque à s'y montrer, qui en ont à peine le loisir, aux Gomons*, aux Duhamels^. (éd. 5.)

1. Il s'agit, selon toute vraisemblance, de l'avocat Jean de Gomont, dont la célébrité nous est attestée par Nie. -Joseph Foucault (voyez ses Mémoires, édités par M. F. Baudry dans la collection des Documents inédits sur l'histoire de France^ p. 5 et 8, années i652 et 1667), le même sans doute qui intervint dans les affaires de la succession de Mazarin, comme fondé de pouvoir du duc et de la duchesse de Mazarin (Bibliothèque impériale, Mélanges Colbert,']^, folio 849), et fit partie de la commission qui, nommée par Colbert en i665 pour procéder à la réforme de la justice, provoqua l'ordonnance civile d'avril 1667, et de celle qui prépara le code maritime (Chéruel , Histoire de l'administration monarchique^ tome II, p. 246 et 257). ^^^^^ ^^ Gomont ne vivait plus alors que la Bruyère lui rendait cet hommage. — Dans la liste qu'il a dressée des avocats, Blanchard cite deux avocats du nom de Gaumont, contemporains de Jean de Gomont, et dont l'un avait le même prénom. Voyez VJppendice.

2. (T George du Hamel, qui étoit un des plus habiles avocats de son siècle, fut choisi par Louis XIV pour travailler aux ordonnances générales, et eut jusqu'à sa mort la pension attachée à ces fonctions. N'étant encore, lorsqu'il mourut, que dans la cinquante-septième année de son âge , il s'étolt tellement distingué dans sa profession qu'il avoit été nommé conseiller d'État, place honorable qu'il refusa par mie modestie qui l'étolt encore plus. C'est lui qui fit restreindre les privilèges des abbayes de Sainte-Geneviève et de Saint-Germaindes-Prés; et les plaidoyers qu'il fit à ce sujet ont été traduits en latin. On trouve aussi dans le Journal des Audiences, année 1667, un plaidoyer de ce même avocat, dans lequel le style, les moyens, les preuves, tout amionce un homme du premier ordre. 11 y défend les droits du séminaire que M. le cardinal Grimaldi avait établi à Aix. M. de la Bruyère, dans ses Caractères, parle de cet avocat avec éloge. » (Dictionnaire historique de Moréri, au nom du HA2vffiL(Henri), édition de 1759.) George du Hamel, que Savary dans sa préface du Parfait négociant {i^']^) nomme un « très-fameux avocat, » et qui approuva cet ouvrage en qualité de « membre du conseil de la réforme, » c'est-à-dire en qualité de membre du conseil qui avait préparé l'ordonnance du commerce de 1673, mourut en 167$ ou 1676. Il était frère de du Hamel de Saint-Lambert, membre de l'Académie des sciences. Son fils Henri du Hamel, qui n'avait que sept ans lorsque son

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7. Il y a un certain nombre de jeunes magistrats que les grands biens et les plaisirs ont associés à quelques-uns de ceux qu'on nomme à la cour de petits-maîtres : ils les imitent, ils se tiennent fort au-dessus de la gravité de la robe, et se croient dispensés par leur âge et par leur fortune d'être sages et modérés. Ils prennent de la cour ce qu'elle a de pire : ils s'approprient la vanité, la mollesse, l'intempérance, le libertinage, comme si tous ces vices leur étoient dus, et affectant ainsi un caractère éloigné de celui qu'ils ont à soutenir, ils deviennent enfin, selon leurs souhaits, des copies fidèles de trèsméchants originaux, (éd. 4-)

8. Un homme de robe à la ville, et le même à la cour, ce sont deux hommes. Revenu chez soi, il reprend ses mœurs, sa taille et son visage, qu'il y avoit laissés : il n'est plus ni si embarrassé, ni si honnête, (éd. 4-)

9. Les Crispins se cotisent et rassemblent dans leur famille jusques à six chevaux pour allonger un équipage, qui, avec un essaim de gens de livrées, où ils ont fourni chacun leur part, les fait triompher au Cours ou à Vincennes, et aller de pair avec les nouvelles mariées, avec Jason^ qui se ruine, et avec Thrason^ qui veut se marier, et qui a consigné *. (éd. 4-)

10. J'entends dire des Saunions : « Même nom, mêmes armes; la branche aînée, la branche cadette, les cadets

père mourut, et qui devint lui-même un avocat très- célèbre (voyez le même Dictionnaire et \e Journal de l'avocat Barbier , passirn , avait été reçu avocat le 6 juillet 1688, deux années avant la publication de la réflexion de la Bruyère. [Liste des avocats, par Blanchard.)

I. Déposé son argent au trésor public pour une grande charge. [Note de la Bruyère.^

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de la seconde branche; ceux-là portent les armes pleines, ceux-ci brisent d'un lambel, et les autres d'une bordure dentelée. » Ils ont avec les Courbons, sur une même couleur, un même mêlai*; ils portent, comme eux, deux et une ^ : ce ne sont pas des fleurs de lis, mais ils s'en consolent; peut-être dans leur cœur trouvent-ils leurs pièces aussi honorables, et ils les ont communes avec de grands seigneurs qui en sont contents : on les voit sur les litres' et sur les vitrages, sur la porte de leur château, sur le pilier de leur haute -justice, où ils viennent de faire pendre un homme qui méritoit le bannissement ; elles s'offrent aux yeux de toutes parts, elles sont sur les meubles et sur les serrures, elles sont semées sur les carrosses; leurs livrées ne déshonorent point leurs armoiries. Je dirois volontiers aux Saunions : « Votre folie est prématurée; attendez du moins que le siècle s'achève sur votre race; ceux qui ont vu votre grand-père, qui lui ont parlé, sont vieux, et ne sauroient plus vivre longtemps. Qui pourra dire comme eux : « Là il étaloit, et vendoit très- « cher? » (ÉD. 5.)

Les Sannions et les Crispins veulent encore davantage que Ton dise d'eux qu'ils font une grande dépense, qu'ils n'aiment à la faire. Ils font un récit long et ennuyeux d'une fête ou d'un repas qu'ils ont donné ; ils disent l'ar-

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