‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 287 sur 373 · Les éditions 7-9 portent : « de fierté et commandement · texte numérisé non relu

Les éditions 7-9 portent : « de fierté et commandement

2. A Versailles. — Dans les éditions i-5 : « il se prend à **. »

3. « En des petits contrôleurs, etc.,» dans la 4*^ édition, — Les fourriers, placés sous les ordres des maréchaux des logis, marquaient les logis pour le Roi et la cour, quand le Roi \oyageait. Les contrôleurs ordonnaient, surveillaient, et vérifiaient les dépenses de bouche de la maison du Roi. Les chefs de fruiterie, qui avaient cessé, depuis le règne de Louis XIII, de fournir le fruit de la table du Roi, disposaient le dessert, fournissaient les bougies des lustres et des girandoles, etc. {État de la France, édition de 17 10, tome I, p. 1240

DE LA COUR. 3oi

fait faire place ; il gratte, il heurte presque* ; il se nomme : on respire , et il n'entre qu'avec la foule ^. (éd. 4.)

Il y a dans les cours des apparitions de gens aventu- 16. riers et hardis, d'un caractère libre et familier, qui se produisent eux-mêmes', protestent qu'ils ont dans leur art toute l'habileté qui manque aux autres, et qui sont crus sur leur parole. Ils profitent cependant de l'erreur publique, ou de l'amour qu'ont les hommes pour la nouveauté : ils percent la foule, et parviennent jusqu'à roreille du prince, à qui le courtisan les voit parler,

1. Il n*était pas permis de a heurter aux portes de la chambre, de rantichambre ou des cabinets du Roi, » ni même d'un « grand, » quel qu'il fût; l'étiquette exigeait que l'on grattât doucement avec les ongles (voyez Furetière, au mot Gratter; VÉtat de la France, lever du Roi ; le Baron de la Crasse, comédie de R. Poisson (1662}, scène 11 ; Convûn, Nouveau traité de la civilité qui se pratique en France parmi les honnêtes gens, 167 1, p. 23, etc.). Les petits-maîtres grattaient « du peigne » à la porte de la chambre du Roi. (Molière, Y Impromptu de Versailles^ Remercîment au Roi.') — Une étiquette minutieuse déterminait l'ordre dans lequel les courtisans étaient admis au lever de Louis XIV. Les princes, les grands officiers du premier rang et quelques courtisans favorisés pouvaient pénétrer dans sa cbambre quand il était encore au lit. A certain moment du lever, les huissiers de la chambre s'emparaient de la porte, et laissaient pénétrer, à mesure qu'ils se présentaient, les hauts dignitaires, puis certain nombre de courtisans. « Selon le discernement qu'ils faisaient des personnes plus ou moins qualifiées, » ils faisaient entrer les seigneurs qu'ils reconnaissaient ou qui se nommaient à la porte, ou transmettaient leur nom au premier gentilhomme, qui prenait les ordres du Roi. Parfois aussi, le nom entendu , ils refusaient l'entrée de leur propre autorité.

2. La scène du Baron de la Crasse que nous venons de rappeler, et le Remercîment au Roi qui précède V Impromptu de Fersaîlles nous mettent sous les yeux le tableau qu'a rappelé la Bruyère en trois lignes. — « La foule, » à proprement parler, n'entrait pas dans la chambre : avec le baron de la Crasse, elle attendait que le Roi en sortît, et se rangeait sur son passage , chacun cherchant à se faire voir. Voyez ci-dessous, p. 827, n» 71.

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