Voyez tome II, p
SUR LA BRUYERE. lxxxv
Les autres gentilshommes, les Moreuil, les Monteil, les Briord, les Fesensac, les Ricour, n'étaient sans doute pas mieux pre'parés à s'entretenir de philosophie ou de belles-lettres avec la Bruyère, qui n'a point trouvé d'amis parmi eux. Dans les dernières années de sa vie, il aura ses jours de succès à Chantilly, ou du moins il croira les avoir : en 1694, alors qu'il est devenu e'crivain célèbre et de plus académicien, il y joue au lansquenet, et se montre « un des rudes joueurs qui soit au monde; » il y reçoit, je ne sais à quelle occasion, des « honneurs » tels qu'ils peuvent lui « tourner la cervelle ; » enfin les récits qu'il fait de ses séjours à Chantilly sont pleins des plus plaisantes folies et même d'extravagances, si l'on en croit Phélypeaux^ Mais, en dépit de ses succès auprès des princes, la Bruyère ne savait pas plaire à ses nobles collègues. Il faut bien rappeler cette preuve, que renferme le Journal de Galand :
« M. Fougères, officier de la maison de Condé depuis plus de "^ trente ans, disoit que M. de la Bruyère n'étoit pas un homme de I conversation, et qu'il lui prenoit des saillies de danser et de chanter, mais fort désagréablement 2. »