‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 54 sur 373 · Tome I, p. a8 et · texte numérisé non relu

Tome I, p. a8 et

SUR LA BRUYERE. xcv

avait mis à la mode les Maximes ; mais le seul ouvrage qui commandât l'attention parmi ceux que la critique a présente's comme éclos sous l'influence de son salon, est celui de la Rochefoucauld, ces célèbres Maximes toutes inspirées par une pensée unique^. La Bruyère ne se borne pas, comme la Rochefoucauld, à examiner un seul et même sujet sous ses aspects divers. Tout est aliment à sa curiosité et à ses méditations : les combinaisons de la politique, le spectacle de la cour et de la ville, les agitations de l'hôtel de Condé, les entretiens de l'évêché de Meaux, ceux des jardins publics, surtout les livres anciens ou nouveaux, et non-seulement ceux que recommande leur mérite philosophique ou littéraire, et qui prennent place soit sur les rayons de sa chambre, soit dans la belle et vaste bibliothèque des Condé, mais encore les volumes de peu de valeur qu'il peut feuilleter dans les Hbrairics et particulièrement dans celle de Michallet. Que de rapprochements pourraient naître de la lecture des livres oubliés de cette époque, si l'on avait le loisir et la patience de les prendre un à un^ !

Qu'il ait prévu l'imputation ou qu'il l'ait déjà subie dans ses entretiens avec ses amis, la Bruyère se défend, dès la première édition, du reproche de plagiat ou d'imitation. Il ne veut même pas qu'on l'accuse d'avoir emprunté aux modernes, et particulièrement à Pascal ou à la Rochefoucauld, la forme de son livre : c'est à l'exemple des Proverbes de Salomon ou de ceux de Théophraste qu'il a coupé ses remarques en « pièces détachées. » Quant au fond, il est sien : « Horace ou Despréaux l'a dit avant vous. — Je le crois sur votre parole ; mais je

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