Sur l'air : Quand je rime à Guillaume
4. Lettre de Bourdelot à Nicaise, 26 juin 1693 (Bibliothèque nationale, Manuscrits français^ n" 936o, Correspondance de Pabbé Ni-
SUR LA BRUYÈRE. cxxvii
Les admissions de Bignon, de la Bruyère, de laLoubère, tous les trois cliers au contnMeur général, celle de la Bruyère surtout, qui, à la différence de ses deux confrères, rencontrait à l'Académie des inimitiés personnelles, avaient alarmé la Compagnie et ceux qui s'intéressaient à ses destinées : l'intervention de Pontchartrain dans les élections semblait d'autant plus dangereuse qu'il avait l'Académie dans son département comme secrétaire d'Etat chargé de la maison du Roi. Aussi la nomination du traducteur Goibaud-Dubois, ancien maître à danser, qui se fit en novembre 1693, et à laquelle Pontchartrain demeura indifférent, fut-elle considérée comme un événement heureux pour l'Académie, venant après les trois autres. En annonçant à ses confrères l'approbation que Louis XIV donnait à cette élection de Goibaud-Dubois, le président Rose leur écrivait : « Je ne dois pas vous laisser ignorer une circonstance qui me semble mériter une sérieuse réflexion pour l'avenir : c'est la joie que le Roi a témoignée d'apprendre que nos suffrages ont été libres et sans mélange de la moindre cabale ni recommandation étrangère ^ »
Une anecdote, retrouvée par M. J. d'Ortigue sur un feuillet de garde dans un exemplaire des Caractères'^ ^ nous offre un piquant récit de la première des séances que tint l'Académie pour donner un successeur à l'abbé de Lavau, soit au mois de février soit au mois de mars 1694^.
« La première place qui vaqua dans l'Académie françoise après que M»" de la Bruière y fut reçu, étant à remplir, M" les abbés de Caumartin et Boileau furent proposés et partagèrent également entre eux les suffrages de l'assemblée jusqu'à la voix de M^ de la Bruière. Il sembloit donc, étant le dernier à opiner, devoir lever le partage et décider entre les concurrents. Chacun tâchoit, par ses
calsc^ tome II, pièce 83) ; Dictionnaire de Moreri^ au nom Lou- BÈRE (la) ; Poésies de CliauUeu.