‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 77 sur 373 · Tome II, p. 91-93, n · texte numérisé non relu

Tome II, p. 91-93, n

Gxxxvi NOTICE BIOGRAPHIQUE

ses OEuvres^. Maîtresse, et maîtresse peu fidèle, de ce trop galant abbé qui la chanta successivement sous les noms d'Iris, de Catin et de Ricanète^ elle eût été cependant ignorée des biographes de Chaulieu et des biographes de la Bruyère, si cette note, longtemps inaperçue, ne l'eût présentée tout à la fois comme la Ricanète de l'un et Y Arténice de l'autre : deux noms qui étaient l'anagramme du prénom de Mme de Boislandry, Cat[h)erine.

La vie de Mme de Boislandry a été l'objet de bien des recherches depuis le jour où Aimé-Martin a fait la découverte des trois ou quatre lignes que nous venons de rappeler, unique souvenir que nous rencontrions d'elle dans les imprimés du dix-huitième siècle. Nous connaissons aujourd'hui dans tous leurs détails la scandaleuse querelle que lui chercha son mari et l'histoire de ses tristes amours avec Chaulieu. Est-elle bien l'héroïne de ce fragment de roman que la Bruyère a enchâssé dans ses Caractères ? Des critiques ont voulu douter que tant d'éloges aient pu s'adresser à une femme si compromise : Sainte-Beuve leur reprochait de n'apprécier qu'à demi la générosité de la Bruyère, qui lui semblait le chevaleresque vengeur de Mme de Boislandry contre les injures de son mari et les railleries du public. « Quel plus touchant dédommagement, disait-il en parlant du caractère de Mme de Boislandry sous le nom ai Arténice, et quelle revanche immortelle contre l'opinion qui la maltraitait et l'insultait^! »

Pour Edouard Fournier, le caractère à^Arténice est la leçon d'un ami, qui, affligé des galanteries de celle qu'il avait connue si pure, rappelle ce qu'elle avait été, pour la punir d'avoir cessé de l'être*. On lira dans ses développements ce commentaire très-étudié, un peu subtil, et que Sainte-Beuve, dans une lettre familière, déclare « des plus cherchés et des plus tirés*. » A l'interprétation d'Éd. Fournier Sainte-Beuve préférait la

1. Nous ne reviendrons pas ici sur les détails, les tîitations et les renvois que contient notre appendice du tome II, p. 3 a 2-337, '^^ sujet dArténice et de Mme de Boislandry.

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