‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 136 sur 257 · Var. (édit. 7 et 8) : plus de cent dix ans · texte numérisé non relu

Var. (édit. 7 et 8) : plus de cent dix ans

2. La planète Saturne, qui est huit cent fois plus grosse que la terre, et qui est neuf fois et demie plus loin qu'elle du soleil, se meut, à trois cent soixante-six millions de lieues du soleil, dans une orbite qu'elle décrit en vingt-neuf ans, cinq mois, quatorze jours. Du temps de la Bruyère, on croyait que Saturne était la grande planète la plus éloignée de notre système planétaire.

mensurahle; il u'y a plus ni angles, ni sinus, ni parallaxes dont on puisse s'aidera Si un homme observoit à Paris une étoile fixe, et qu'un autre la regardât du Japon, les deux lignes qui partiroient de leurs yeux pour aboutir jusqu'à cet astre ne feroient pas un angle, et se confondroient en une seule et même ligne, tant la terre entière n'est pas espace par rapport à cet éloignement. Mais les étoiles ont cela de commun avec Saturne et avec le soleil : il faut dire quelque chose de plus. Si deux observateurs, l'un sur la terre et l'autre dans le soleil, observoient en même temps une étoile, les deux rayons visuels de ces deux observateurs ne formeroient point d'angle sensible. Pour concevoir la chose autrement, si un homme étoit situé dans une étoile, notre soleil, notre terre, et les trente millions de lieues qui les séparent,

I . « Une question curieuse que l'on a agitée de tout temps est celle de la distance des étoiles à la terre. Jusqu'à ces dernières années, on n'a eu aucun moyen précis de mesure; on est enfin parvenu en 1840 à déterminer la distance moyenne de l'une d'elles. Ce qui s'y était opposé jusqu'alors, c'est que systématiquement on avait toujours choisi pour cela les étoiles les plus brillantes; par circonstance, on s'est adressé à une petite étoile (la 61^ du Cygne), et le résultat de Tappréciation de son éloignement a été tel , que la distance de 38 000 000 de lieues qui nous sépare du soleil peut à peine servir d'unité. Il faut en effet multiplier ce nombre par 600000, l'on aura 22 800000 000 Goo de lieues, et ce sera la distance de l'étoile la plus proche que nous connaissions *. » {Leçons d'astronomie professées a r Observatoire par M. Arago , p. 28, 5® édition, 1849) Voyez dans V Astronomie populaire d'Arago, tome I, p. 4^7 et suivantes, le point où en étaient les astronomes , du temps de la Bruyère , dans la détermination de la parallaxe annuelle des étoiles, qui est le moyen de connaître la distance de ces astres à la terre.

* cr Annuaire du Bureau des longitudes pour 1842, p. 384 ^^ 385. Notice sur les travaux de sir William Herschel, par M. Arago, — Ce résultat est dû à M. Bessel, le savant directeur de l'Observatoire de Kœnigsberg. j ( Note de C éditeur des Leçons d^ astronomie. ) — F. G. Bessel est mort en 1846.

lui paroîtroient un même point : cela est démontré.

On ne sait pas aussi la distance d'une étoile d'avec une autre étoile, quelque ^ voisines qu'elles nous paroissent. Les Pléiades se touchent presque, à en juger par nos yeux : une étoile paroît assise sur l'une de celles qui forment la queue de la grande Ourse; à peine la vue peut-elle atteindre à discerner la partie du ciel qui les sépare, c'est comme une étoile qui paroît double. Si cependant tout l'art des astronomes est inutile pour en marquer la distance, que doit-on penser de l'éloignement de deux étoiles qui en effet paroissent éloignées l'une de l'autre, et à plus forte raison des deux polaires? Quelle est donc l'immensité de la ligne qui passe d'une polaire^ à l'autre? et que sera-ce que le cercle dont cette ligne est le diamètre ? Mais n'est-ce pas quelque chose de plus que de sonder les abîmes, que de vouloir imaginer la solidité du globe, dont ce cercle n'est qu'une section? Serons-nous encore surpris que ces mêmes étoiles, si démesurées dans leur grandeur, ne nous paroissent néanmoins que comme des étincelles? N'admirerons-nous pas plutôt que d'une hauteur si prodigieuse elles puissent conserver une certaine apparence, et qu'on ne les perde pas toutes de vue ? Il n'est pas aussi imaginable combien il nous en échappe. On fixe le nombre des étoiles: oui, de celles qui sont apparentes; le moyen de compter celles qu'on n'aperçoit point, celles par exemple qui composent la voie de lait , cette trace lumineuse qu'on remarque au ciel dans une nuit sereine, (lu nord au midi, et qui par leur extraordinaire éléva-

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