LE LUNDI QUINZIÈME JUIN
Messieurs,
Il seroit difficile d'avoir l'honneur de se trouver au milieu de vous, d'avoir devant ses yeux FAcadémie françoise, d'avoir lu l'histoire de son établissement, sans penser d'abord à celui à qui elle en est redevable * , et sans se persuader qu'il n'y a rien de plus naturel, et qui doive moins vous déplaire, que d'entamer ce tissu de louanges qu'exigent le devoir et la coutume, par quelques traits où ce grand cardinal soit reconnoissable, et qui en renouvellent la mémoire.
Ce n'est point un personnage qu'il soit facile de rendre ni d'exprimer par de belles paroles ou par de riches fi* gures, par ces discours moins faits pour relever le mérite de celui que l'on veut peindre, que pour montrer tout le feu et toute la vivacité de l'orateur. Suivez le règne de Louis le Juste : c'est la vie du cardinal de Richelieu, c'est son éloge et celui du prince qui l'a mis en œuvre. Que pourrois-je ajouter à des faits encore récents et si