‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 201 sur 257 · Fénelon, recule 3i mars · texte numérisé non relu

Fénelon, recule 3i mars

2. Les participes répandus et partagés s'accordent ainsi avec talents dans les éditions originales.

ailleurs, ils sont parmi vous*. Admire-t-on une vaste et profonde littérature qui aille fouiller dans les archives de l'antiquité pour en retirer des choses ensevelies dans Toubli, échappées aux esprits les plus curieux, ignorées des autres hommes; une mémoire, une méthode, une précision à ne pouvoir dans ces recherches s'égarer d'une seule année, quelquefois d'un seul jour sur tant de siècles? cette doctrine admirable, vous la possédez; elle est du moins en quelques-uns de ceux qui forment cette savante assemblée^. Si Ton est curieux du don des langues, joint au double talent de savoir avec exactitude les choses anciennes, et de narrer celles qui sont nouvelles avec autant de simplicité que de vérité, des qualités si rares ne vous manquent pas et sont réunies en un même sujet^. Si l'on cherche des hommes habiles, pleins d'esprit et d'expérience, qui par le privilège de leurs emplois, fassent parler le Prince avec dignité et avec justesse * ; d'autres qui placent heureusement et avec succès, dans les négociations les plus délicates, les talents qu'ils ont de bien parler et de bien écrire^; d'autres encore qui prêtent leurs soins et leur vigilance aux affaires publiques, après les avoir employés aux judiciaires, toujours avec une égale réputation^ ; tous se trou-

1. Bossuet, Fénelon, Fléchier, et peut-être aussi l'archevêque de Paris, François de Harlay.

2. Hors Daniel Huet,évêque d'Avranches, et peut-être Renaudot, nous ne savons à qui peut s'adresser ce compliment,

3. Eusèbe Renaudot (1646-1720), qui savait l'arabe, le syriaque et le copte, préparait depuis longtemps les ouvrages qu'il a laissés sur les origines de l'histoire ecclésiastique, et rédigeait la Gazette de France.

4. Allusion à Toussaint Rose, secrétaire du cabinet du Roi. — Saint- Simon a aussi loué en lui la dignité et la justesse avec laquelle il faisait parler le Roi : voyez ses Mémoires, tome III, p. 58-63.

5. Le cardinal d'Estrées, le comte de Crécy, François de Callières.

6. Bergeret, ancien avocat général à Metz, qui était alors se-

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vent au milieu de vous, et je souffre à ne les pas nommer.

Si vous aimez le savoir joint à l'éloquence, vous n'attendrez pas longtemps : réservez seulement toute votre attention pour celui qui parlera après moi^ Que vous manque-t-il enfin? vous avez des écrivains habiles en l'une et en l'autre oraison ; des poètes en tout genre de poésies, soit morales, soit chrétiennes, soit héroïques, soit galantes et enjouées^; des imitateurs des anciens^ ; des critiques austères* ; des esprits fins, délicats, subtils, ingénieux, propres à briller dans les conversations et dans les cercles. Encore une fois, à quels hommes, à quels grands sujets m'associez-vous !

Mais avec qui daignez-vous aujourd'hui me recevoir ^ ? Après qui vous fais-je ce public remerciement? Il ne doit pas néanmoins, cet homme si louable et si modeste, appréhender que je le loue : si proche de moi^, il auroit autant de facilité que de disposition à m'interrompre. Je vous demanderai plus volontiers : A qui me faites-vous succéder? A un homme qui avoit de la vertu ^.

crétaire du cabinet du Roi et premier commis de Colbert de Croissy.

1. François Charpentier (1620-1702), membre de l'Académie française et de l'Académie des inscriptions , auteur d'une f^le de Sacrale (i65o), d'une traduction de la Cyropédle de Xénophon (lôSp), etc. Il répondit à la Bruyère , comme doyen de l'Académie, en l'absence du directeur et du chancelier : ^oycz le Mercure^ p. 282.

2. Thomas Corneille, Segrais, Régnier Desmarais, Boyer, Ch. Perrault, Testu de Mauroy, Fontenelle, Pavillon.

3. Fontenelle, qui pouvait encore se ranger parmi les poètes, et de plus parmi les « esprits fins » dont il est parlé à la ligne suivante.

4. L'abbé Gallois sans doute, qui avait rédigé le Journal des savants de i665 à 1674.

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