La Bruyère a oublié de mettre le mot étude au pluriel
4. Après un séjour de trois mois à Chantilly, où sans doute ses maîtres l'avaient accompagné, le duc de Bourbon était revenu à Versailles dans les premiers jours de janvier i685. Il s'était aussitôt installé, ainsi que les Pères jésuites qui prenaient part à son éducation, dans l'hôtel de Condé; nous ne savons si la Bruyère y avait aussi trouvé place dès son arrivée à Versailles. L'établissement définitif des maîtres du jeune duc dans l'hôtel n'eut lieu que dans le cou-
Une lettre qu'elle a écrite il y a bien quinze jours à Monsieur le Duc a fait ici le mieux du monde : je m'en suis trouvé soulagé par un renouvellement d'attention qui m'a fait deviner, Monseigneur, que vous aviez parlé sur le ton qu'il faut, et Monsieur le Duc me l'a confirmé. Dès que l'application tombera , je vous en avertirai ingénument, car je sens de la peine à tromper ceux qui se reposent sur moi de quelques soins, et je ne commencerai point par Votre Altesse Sérénissime^ à faire un effort qui me coûte et qui lui déplaise. Je voudrois de toute mon inclination avoir six grandes heures par jour à bien employer auprès de Son Altesse : je vous annon-
rant de février, quelques jours après celui où fut écrite cette lettre. On enleva de l'hôtel tout ce qui appartenait au prince de la Roche-sur-Yon, et les jésuites choisirent leurs chambres parmi celles que laissait libres ce déménagement. La Bruyère prit une chambre à côté des leurs*. S'il n'avait pas habité l'hôtel de Condé dès son retour de Chantilly, c'était son troisième déplacement dans l'espace de six semaines. Encore n'avait-il pas l'entière possession de sa chambre, puisqu'il fallait qu'il la cédât à l'une des personnes de la suite de Condé, pendant les séjours de Monsieur le Prince à Versailles. I. Ici, comme très-souvent, surtout sur les adresses de ses lettres, la Bruyère écrit Sérénissime en abrégé : S. S.
* «S.A. Mgr le Duc, » écrit le P. du Rosel à Condé, le i8 février, (( a passé une grande partie de Faprès-dîner dansl'bôtel de Condé avec S. A. S. la Duchesse. Comme il n'y a plus rien ici de ce qui étoit à M. le prince de la Roche-sur-Yon, Son Altesse est venue régler toutes choses pour les chambres et offices de Mgr le duc de Bourbon. Elle a tout visité avec Mgr son fils. Nous avons bien de l'obligation à Son Altesse, qui nous a donné le choix de tout ce qui s'est trouvé de meilleur; nous avons pris les chambres de M. le chevalier d'Angoulême {au bout de la galerie^ dit-il plus loin), et une autre qui est voisine, afin d'être près l'un de l'autre, avec une garde-robe pour un valet. M. de la Bruyère a aussi pris une chambre auprès des nôtres.... J'oubliois de dire à Votre Altesse que Mgr le Duc a déclaré à tous ces Messieurs pour qui il a fait marquer des chambres, que quand Votre Altesse viendra à Versailles, ils céderont leurs appartements à ceux qui viendront avec elle. » [Lettre du P. du Rosel à Condé, du i8 février i685 , Archives de Mgr le duc d'Aumale.)
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cerois d'étranges progrès, du moins pour mon fait et sur les choses qui me regardent. Et si j'avois Thonneur d'être chargé de tout, comme j'ai eu le plaisir de le croire, j'en répondrois aussi sûrement; mais j'ai des collègues, et qui font mieux que moi et avec autant de zèle. Vous devez du moins être très-persuadé , Monseigneur, que le peu de temps que j'use auprès de Monsieur le duc de Bourbon lui est fort utile, qu'il sait très-bien ce que je lui ai appris, qu'il n'est pas aisé même de le mieux savoir, et que je viserai toujours à ce qu'il emporte de toutes mes études ce qu'il y a de moins épineux et qui convient davantage à un grand prince. Je suis avec toute la soumission et tout le respect que je dois, Monseigneur,
de Votre Altesse Sérénissime
le très-humble et très-obéissant serviteur,
Delabruyère^.
Ce 9. janvier^ [i685] , à Versailles.
Au dos : A Son Altesse S. S. Monseigneur le Prince; et de la main d'un secrétaire : M, de la Bruyère^ 9 féçrier 168 5.
1. Ce nom, comme nous l'ayons dit, est toujours écrit en un seul mot par la Bruyère.
2. La Bruyère, sans nul doute, a écrit par àistràcûon janvier ^ au lieu de février, et la date exacte est celle qui a été donnée par le secrétaire à sa lettre, c Je n'ai point manqué, écrit le 10 février le P. AUeaume à Condé, de dire à M. de la Bruyère ce que Votre Altesse Sérénissime m'avoit ordonné de lui dire, et je dirai la même chose à M. Sauveur, dès que je le verrai. Le premier me répondit qu'il avoit prévenu l'ordre de Son Altesse Sérénissime et qu'il avoit eu l'honneur de lui écrire ce même Jour. »
LA BRUYÈRE A CONDÉ
Monseigneur,
C'est aujourd'hui un jour de ge'ographie; nous en sommes encore à Fltalie; j'essayerai de la finir avec la Sicile cette après-dtnée, et j'espère qu'il en rendra un jour bon compte à Votre Altesse Sérénissime, aussi bien que de la Flandre et du cours du Rhin, qu'il a voit un peu oublié la dernière fois. Je le rendrai prêt aussi sur les généalogies, dont je lui retrace celles qu'il a déjà vues, avant de lui apprendre les maisons de Saxe, d'Hostein, de Savoie et de Lorraine, qu'il me semble que Monsieur le duc de Bourbon ne doit pas ignorer ; j'y puis ajouter l'ancienne maison* d'Angleterre, et celle d'Ecosse Stuartqui règne présentement : cela avec toute la maison de France, celle de Bavière et les deux Autriches, qu'il sait déjà, est précisément ce qui^ lui faut de généalogies, si j'y ajoute surtout quelques maisons de femmes qui sont entrées par mariages dans votre branche de Bourbon. Charles VIII est fort avancé ; les guerres de Bretagne sont sur leur fin, et je vais mener ce roi en Italie : ce règne est court, et celui de son successeur Louis XII. Ainsi nous touchons à François I.
J'ai mis au net ce que j'ai traduit par vos ordres du petit livre allemand : c'est une suite des affaires des Hongrois, et la succession de leurs rois, que l'on voit rarement ailleurs avec tant d'ordre et d'exactitude. Cela sera utile à Son Altesse pour ce qui concerne l'histoire.