Il y a même^ sans accord, dans les éditions i
gonflés, cl la liaule opinion que nous avons de nousmêmes et de la bonté de notre jugement, nous négligions de nous en servir pour prononcer sur le mérite des autres. La vogue, la faveur populaire, celle du Prince, nous entraînent comme un torrent : nous louons ce qui est loué, bien plus que ce qui est louable.
Je ne sais s'il y a rien au monde qui coûte davantage 8. à approuver et à louer que ce qui est plus digne d'approbation et de louange^, et si la vertu, le mérite, la beauté, les bonnes actions, les beaux ouvrages, ont un effet plus naturel et plus sûr que l'envie, la jalousie et l'antipathie. Ce n'est pas d'un saint dont un dévot ^ sait dire du bien, mais d'un autre dévot. Si une belle femme approuve la beauté d'une autre femme, on peut conclure qu'elle a mieux que ce qu'elle approuve. Si un poète loue les vers d'un autre poëte, il y a à parier qu'ils sont mauvais et sans conséquence^, (éd. 5.)
Les hommes ne se goûtent qu'à peine les uns les au- 9* très, n'ont qu'une foible pente à s'approuver récipro-