Var. (édit. 6) : le monde ne se divise plus
4. Var. (édit. 6) : // a pris une ville ^ en a pris une seconde.
5. Le roi Guillaume. Le portrait est exact, et Boileau, s'adreàsant à la ville de Namur, a pu dire au propre à la fois et au figuré :
Dans Bruxelles Nassau blême Commence à trembler pour toi.
[Ode sur la prise de Naniur, vers 53 et 540
6. L'Angleterre. — « Toute entière » est le texte des éditions du dix-septième siècle.
vérité, il est battu et poursuivi, mais il se sauve par les marais^, et ne veut écouter ni paix ni trêve. Il a montré de bonne heure ce qu'il savoit faire : il a mordu le sein de sa nourrice^; elle en est morte, la pauvre femme : je m'entends, il suffît. En un mot il étoit né sujet, et il ne l'est plus; au contraire il est le maître, et ceux qu'il a domptés et mis sous le joug vont à la charrue et labourent de bon courage ^ : ils semblent même appréhender, les bonnes gens, de pouvoir se délier un jour et de devenir libres, car ils ont étendu la courroie et allongé le fouet de celui qui les fait marcher ; ils n'oublient rien pour accroître leur servitude; ils lui font passer l'eau pour se faire d'autres vassaux et s'acquérir de nouveaux domaines : il s'agit, il est vrai, de prendre son père et sa mère par les épaules et de les jeter hors de leur maison ; et ils l'aident dans une si honnête entreprise. Les gens de delà l'eau et ceux d'en deçà* se cotisent et mettent
1. En Hollande, où Guillaume, en 1672, avait rompu les digues, ouvert les écluses, et arrêté l'armée française par l'envahissement des eaux,
2. Adopté, sur la proposition de Jean de Wilt, par la république hollandaise (1666), Guillaume s'était montré en 1672 également ingrat contre la république et contre J. de Wilt. On se plaisait en France à lui faire un grief d'avoir « toute sa vie combattu la liberté en Hollande, » suivant l'expression de M. Michelet [Louis XIV et la Révocation de redit de Nantes, p. 443); on plaignait avec Boileau le Batave
Désormais docile esclave*;
et l'on disait plaisamment que Guillaume était stathouder en Angleterre et roi en Hollande,
3. Il s'agit ici des Hollandais, ainsi que le démontre ce qui suit, et non des Anglais, comme l'a pensé M. Destailleur.
4. Les Anglais et les Hollandais, Nous n'avons pas besoin de dire que plus loin Pietés et Saxons désigne par les noms anciens les ha-
Ode sur la prise de Namur, vers 56.
DES JUGEMENTS. i3^
chacun du leur pour se le rendre à eux tous de jour en jour plus redoutable : les Pietés et les Saxons imposent silence aux Batai^es , et ceux-ci aux Pietés et ^n^Saxons ; tous se peuvent vanter d'être ses humbles esclaves, et autant qu'ils le souhaitent- Mais qu'entends-je de certains personnages qui ont des couronnes, je ne dis pas des comtes ou des marquis, dont la terre fourmille, mais des princes et des souverains? ils viennent trouver cet homme dès qu'il a sifflé, ils se découvrent dès son antichambre, et ils ne parlent que quand on les interroge ^ Sont-ce là ces mêmes princes si pointilleux, si formalistes sur leurs rangs et sur leurs préséances, et qui consument pour les régler les mois entiers dans une diète ? Que fera ce nouvel archonte pour payer une si aveugle soumission, et pour répondre à une si haute idée qu'on a de lui? S'il se livre une bataille, il doit la gagner, et en personne; si l'ennemi fait un siège, il doit le lui faire lever, et avec honte, à moins que tout l'océan ne soit entre lui et l'ennemi : il ne sauroit moins faire en faveur de ses courtisans. César^ lui-même ne doit-il pas venir en grossir le nombre? il en attend du moins d'importants services; car ou Tarchonte échouera avec ses alliés, ce qui est plus difficile qu'impossible à concevoir, ou s'il réussit et que rien ne lui résiste , le voilà tout porté , avec ses alliés jaloux de la religion et de la puissance de César, pour
bitants de la Grande-Bretagne, les Écossais et les Anglais; comme Bataçes, les Hollandais.
1. Lorsque Guillaume vint à la Haye en 1691, les princes ligués accoururent auprès de lui, et l'électeur de Bavière fut, à ce qu'il paraît, obligé d'attendre patiemment une audience dans l'antichambre du nouveau roi d'Angleterre. L'humilité avec laquelle les princes qui se rendirent au congrès de la Haye prodiguèrent leurs respects à l'usurpateur Guillaume étonna et scandalisa la cour de Versailles : nombre de libelles et de caricatures les livrèrent à la risée publique.