IJ
avoir un directeur mieux écouté que TÉvangile; tirer toute sa sainteté et tout son relief de la réputation de son directeur, dédaigner ceux dont le directeur a moins de vogue, et convenir à peine de leur salut; n'aimer de la parole de Dieu que ce qui s'en prêche chez soi ou par son directeur, préférer sa messe aux autres messes, et les sacrements donnés de sa main à ceux qui ont moins de cette circonstance; ne se repaître que de livres de spiritualité, comme s'il n'y avoit ni Evangiles, ni Epîtres des Apôtres, ni morale des Pères; lire ou parler un jargon inconnu aux premiers siècles ; circonstancier à confesse les défauts d'autrui , y pallier les siens ; s'accuser de ses souffrances, de sa patience; dire comme un péché son peu de progrès dans Théroïsme ; être en liaison secrète avec de certaines gens contre certains autres; n'estimer que soi et sa cabale, avoir pour suspecte la vertu même; goûter, savourer la prospérité et la faveur, n'en vouloir que pour soi, ne point aider au mérite, faire servir la piété à son ambition , aller à son salut par le chemin de la fortune et des dignités* : c'est du moins jusqu'à ce jour le plus bel effort de la dévotion du temps. (ÉD. 8.)
Un dévot ^ est celui qui sous un roi athée seroit athée ^. (éd. 7.)