‹ OEuvres de La Bruyère (volume 5)Chapitre 112 sur 875 · I. La Brayère écrit : Jmjr e · texte numérisé non relu

I. La Brayère écrit : Jmjr e

s. Dans Tantographe, Mtr.

3. Lea dictlonnairei du temps ne s^aceordent pat for la défiaitlMi'îb fouace, « Fouace^ dit Richelet (1680), forte de grot gâteau bif 'cpd iéi ^f^ ordinairement an TiDage. » Forecière (1690), qni toit /çfaari ea /AîiyM, explique simplement le mot par « pain eoit sons les cendt^t » 0t Vti^ demie (1694) le définit c sorte de pain broyé, fiât de flemr de fiibii,' «I en forme de gfiteau. > Auonn de ces trois dictionnaires ne meiltfoaptf'th galette fouée; » celai deTréroux note la galette à la fc^ttê t dl tt'^ètffe appelle une galette à la foué»^ celle qu*on jette à la gneole dNi% ter dans le temps <{a*on le fisit chauffer pour cuire le pain. Las asèép 4ss gens du commun qui Tont au four, font cuire dea g«i<fntf àJb^/M* pour leurs enfants. »

4. La ligue d*Augsbourg, conclue contre li^ France le 9 juillet 1686, à la suite de laquelle la guerre aTait commencé en 1688 pour ne as fm^ miner qu*en 1697 P^^ ^^ P^^ ^® Ryswjck. Au moment où la Bruyère écrivait, les alliés bombardaient Saint-Malo, assiégeaient Caaal, qui capitulait, et Namur, qui devait bientôt se rendre ; le prince de Vaudémont, serré par le maréchal de Villeroy, échappait à ses poursuites.

LBTTRBS. iSg

calante qa*avec le dëplaisir que voos pofuvez vous imaginera Le temps hier se couvrit et menaça de la pluie toute Taprèadînée ; il ne plut pas néanmoins * ; aujourd'hui il a plu ; s'il pleuvra' demain ou s'il ne pleuvra pas, c'est. Monseigneur, ce que ne puis décider quand le salut de toute l'Europe en devroit dépendre : je crois avec cela, moralement parlant, qu'il tombera un peu de pluie, et que dès que la pluie aura cessé, il ne pleuvra plus, à moins que la pluie ne recommence. Mhis, à propos de pluie, les beaux plans et les belles eaux que celles* d'une maison que j'ai vue dans un vallon en deçà de la tour de Montfort ' ! La belle, la noble simplidté qui règne jusqu'à présent, dans ses bâtiments ! Youdroit^^m bien ne s'en point ennuyer ? il faut l'avouer nettement et sans détour, Je suis fou de Pontchartrain, de ses tenants et aboutissants, circonstances et dépendances ; si vous ne me faites entrer à Pontchartrain, je romps avec vous. Monseigneur, avec notre Monsieur de la Loubdre*, avec les jeux floraux, et,

I . La chaleur fit beaucoup souffrir Tarmëe du Rhin pendant la féconde qumzaine de juillet. « On eontimia donc la marche, ^rit Saint-<Simon dans le récit qu*il fiedt du paBiage du Rhki du so juillet, par une telle chaleur, que plusieurs soldats moururent de soif et de lassitude. » (Mémoi^ re«, tome I, p. 157, édition de 1873.)

s. Dans le manuscrit, neamoms. Deux 'clignes plus bas^ après ^uif, est barré : ni ne veux,

3. La Bruyère a écrit deux fois dans cette ligne, puis encore quatre lignes plus loin : pieupera,

4. La Bruyère arait d'abord écrit : « que ceQes que tay vUu ». Il a barré ces trois derniers mots, et plus loin, après me&$on que^ il a corrigé pues (sic) en piie,

5. Il s'agit de la terre de Pontchartrain, située près de Montfort- TAmaury, et qui appartenait au chancelier Pontchartrain. a Sa maison de Pontchartrain, à quatre lieues de Versailles, où il alloit dès qu'il avoit un jour ou deux, étoit ses délices, dit Saint-Simon en parlant du chancelier (Addition au Journal de Dangeau^ tome XV, p. 179) ; il en fit une grande et riche terre, et une aimable demeure ; mais sa modestie, aidée de politique, Tempêcha de tomber dans aucun excès pour les promenades et le fit rester pour la maison fort au-dessous du médiocre..., tant les dépenses et le sort de Meudon et de Sceaux aroient fait d'impression sur lui. » Sur la terre de Pontchartrain, Toyez Hurtaut et Magny, Dio^ tiotmaire historique de la pUle de Paris et de ses environs^ tome IV, p. 85.

6. Simon de la Loubère (dont nous arons déjà parlé tome II, p. 47x, note a), gouTemenr de Phélypeaux, était l'auteur d*un Traiti de Corigine des jeux floraux de Toulouse (1697), et arait réorganisé l'Académie des jeux floraux en 1694.

a4o LETTRES.

qai pis est, avec Monseigneur et Mailame de Pontchartnm, avec celle que voos ëpouserez*, avec tout ce qui naîtra de vous, avec leurs parrains et leurs marraines, avec leurs mèm nourrices : c'est une maladici c'est nne fureur.

Comment donc vous conter, dans Tétat ob je suis, le fiût de Saint-Olon* et dn major Brissac*, leurs aventures ? Muse,

I. Phëljrpeanx s'était déjà préoceapé de ton mariage. Il a^ait m inttant jeté les yeux snr Mlle de Royan (Saint-Simon, Mémoiret^ tome I, p. s36, édition de 1873). N'ayant pu obtenir du Roi Tautorisatioii de k marier à Mlle de Malause (iUdam^ p. 400 et 401), le chancelier Pontdufftrain lui fit épouser en premières noces, le a8 fénier 1697, Élëonoie- Christine de Roye de la Rochefoucauld, qui mourut le aS juin 1708, t Tâge de ringt-sept ans.

s. François Pidou de Saint-Olon, né à Tours, mort k Paria en 1710^ Saint-Simon {Mémoires ^ tome XYII, p. i34) parle de lui dans les teimci suÎTants : a Saint-Olon mourut fort rieux. Sou, nom étoit Pidou, et de fort bas aloL II étoit gentilhomme ordinaire ehes le Roi ; on n*en parle id que parce qu*il aroit été longtemps employé en des royages en pajt étranger aTec confiance et succès et aroit été aussi envoyé du Roi s Maroc et à Alger, où il rint à bout d*affidres difficiles et même fort périW leuses pour lui, arec une grande fermeté et beaucoup d*adresse et de capacité, d'ailleurs fort honnête homme, et qui n*en faisoit point accroire, s Saint-Olon a publié, en 1694, tÉtai présent de teii^ire du Maroc.

3. M. Robert a imprimé .- Bruai^ et telle est en ef!et la première lecture qui s*ofIre ; mais il nous paraît impoMible que la Bruyère ait mnâ altéré ce nom ; il est probable qu*il a touIu fiiire un e, et que la plnne n*ayant pas donné d'encre en traçant le milieu de la lettre, il en est ré* suite une sorte d'i afiec son point. Brissac était major des gardes da corps, a Cétoit, de figure et d'effet, dit Saint-Simon {Mémoires^ tome V, p. 4s>-*4>4), une manière de sanglier qui fiusoit trembler les quatre compagnies des gardes du corps, et compter stcc lui les capitaines, tosi grands seigneurs et généraux d*armées qu'ils fussent. Le Roi s*étoit ssrri de lui pour mettre ses gardes sur ce grand pied militaire où ils sont pai^ Tenus, et pour tous les détails intérieurs de dépense, de règle, de serrice et de discipline ; et il s'étoit acquis toute la confiance du Roi pour son inexorable exactitude, par la netteté de ses mains, par son aptitude singulière en ce genre de senrice. Atcc tout l'extérieur d'un méchant homme, il n'étoit rien moins, mais serriable sans Touloir qu'on le sût, et a sou- Tent paré bien des choses fikcheuses, mab tout cela arec des manières dures et désagréables.... Le Roi, parlant un jour du serrice des majofs dans les troupes, qui pour être bons majors les en faisoit hafr : c S'il fiuBt o être parfaitement haï pour être bon major, répondit M. de Duras, qoi <c aToit le bâton derrièiê le Roi {le due de Duras était eapitamt dos gar^ « des)^ voilà, Sire, le meilleur qui soit en France, » tirant Brissac par le bras, qui en fut confondu, i) Et ailleurs (tome IX, p. 4a3) : « H étoit rustre, brutal, d'ailleurs fort désagréable et gâté à l'excès par le

LETTRES. a4i

inspire-moi, et ne me laisse pas dans une matière si grave avancer rien de ridicule^. Le comte de Gramont* a dit au Roi trcs-chrêtien : « Vous devez pardonner, Sire, comme vous voulez que Ton vous pardonne. » Il Ta fait sur cela ressouvenir du Pater noster; le Pater noster^ Monseigneur, est cette oraison dont M. le Nôtre fait tant de cas qu*il en veut savoir Fauteur'. Revenons au comte de Gramont. Il a dit au Roi que peut-être se brouilleroit-il avec le roi de Maroc s'il ne vengeoit pas Tinjure faite à Saint-Olon^, dont sa majesté maroquine étoit si contente , mais qu'aussi feroit-il un plaisir singulier à la République de Gènes ' : le reste vous aura été

Roi, mais homme d'honneur et de vertu, de valeur et de probité, et estimé tel, quoique haï de beaucoup de gens, et redouté de tout ce qui avoit affaire à lui, même de toute la cour et des plus importants, tant il étoit dangereux, lo

I. Il s^était élevé entre Saint-Olon et Brissac une querelle qu'a mentionnée Dangeau, sans en dire le motif : a M. de Duras, écrit-il le vendredi 8 juillet 1695 {Journal^ tome Y, p. a35), parla au Roi, à son coucher, en faveur du major Brissac, qui a eu un démêlé avec M. de Saint- Olon, qui étoit allé s'en plaindre au Roi. Le Roi a dit à M. de Duras de juger l'affaire selon la rigueur des ordonnances, et nous dit ensuite : « J'en suis fâché pour le major que j'aime ; mais, quand ce seroit pour a mon propre fib, je ne voudrois pas dans la moindre chose adoucir <c l'ordonnance. » A la date du 10 juillet (p. a37), Dangeau ajoute : « Brissac, major des gardes, est à la Conciergerie pour un mois, par ordre des maréchaux de France. »

a. Philibert, comte de Gramont, le héros des Mémoires d'Hamilton. La Bruyère a écrit Grammont,

3. Il est à noter que l'anecdote qui courait sur le Nôtre a été de nouveau mise plus tard en circulation, attachée au nom du comte de Gramont, le même qui, dans le récit de la Bruyère, cite le Pater à Louis XIV : a Étant fort mal à quatre-vingt-cinq ans, un an devant sa mort (c'est-àdire en 1706), dit Saint-Simon {Mémoires^ tome Y, p. iii-ias), sa femme lui parloit de Dieu. L'oubli entier dans lequel il en avoit été toute sa vie le jeta dans une étrange surprise des mystères. A la fin, se tournant vers elle : « Mais, Comtesse, me dis-tu là bien vrai? » Puis, lui entendant réciter le Pater : a Comtesse, lui dit-il, cette prière est a belle, qu'est qui (sic) a fait cela ?» — Saint-Simon a conté ailleurs une plaisante anecdote du même genre, dont le héros était Breteuil, et que nous avons citée au tome I, p. 447.

4. Allusion aux négociations que Saint-Olon avait conduites à la satisfaction du roi de Haroc. En décembre 1691, Louis XIY l'avait envoyé dans le Maroc pour y préparer le traité de commerce que désirait conclure le roi ; il en était revenu six mois après.

5. Saint-Olon avait été nommé envoyé extraordinaire à Gênes en avril

Là BauriBS. in, i 16

«4a LKTTRKS.

écrit de plusieurs endroits ; ainsi je suis, avec mon respect ordinaire,

« Monseigneur,

« Votre très-humble et très-obéissant senriteur.

« IffiLlBaUTBAB^. »

1681, et sa misûon, dont le touTenir ne pourait ^*ètre douloureux an Génois, s*était terminée par le bombardement que Louis XIV aTait infligé à la rille en mai 1684.

I. La Bruyère a signé en un seul mot, avec le d initial minuscule et le ^ majuscule : ce qui fait exception à ce que nous avons dit à la fin de b Notice des lettres (tome II, p. 47^), au sujet des antres signatures que nous aTons Tues de lui.

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