‹ OEuvres de La Bruyère (volume 5)Chapitre 426 sur 875 · ÉTONNER · texte numérisé non relu

ÉTONNER

Les grandes choses «Vo/ine/i/, et les petites rebutent. (II, 74i'vo7.I, a5, /. So.)

ÉTOUFFER DB ; s'étouffbr de :

Combien de gens tous étctiffent de caresses dans le particulier.... qui sont embarrassés de vous dans le public. (I, Sog.)

U s^ett étouffé de crier après les chiens qui étoient en défiuit. (I, i83.)

ÉTOURDIR DE ; s'étourdir ; s'étourdir de : Ils vous étourdissent,.,, de courtines et de chemin couvert. (II, iiQ.) Il se déconcerte, il i étourdit : c*est une courte aliénation.. (I, 3 17.) Il s^étourdU moins du poste qu^il occupe qu*il n*est humilié par un phu grand qu'il ne remplit pas. (I, i55.)

ÉTRANGE, étonnant, en bonne part :

Je vous annoncerois di étranges progrès. (II, 480; voyez I, 343,/. i.)

ÉTRANGER, are, adjectif; étranger, substantivement :

L^on écarte tout cet attirail qui t'est étranger^ pour pénétrer jusques à tm, C[ui n*e8 qu'un fat. (1, 160.)

Il j a des vices.... que nous apportons en naissant....; il y en a d'autrea que l'on contracte, et qui nous sont étrangers, (II, 17.)

Ils (les hommes) aiment (pour leur portraits) des attitudes forcées ou immodestes, une manière dure, sauvage, étrangère^ cnii font un capitan d*un jeune abbé,... une Diane d'une femme de ville. (II, 149.)

Tout est étranger dans l'humeur, les mœurs et les manières de la plupart des hommes. (II, 18.)

Une physionomie.... confuse, embarrassée dans une épaisseur de chereax étrangers, (I, 338.)

Sur l'argent qu'il aura reçu de quelques étrangers pour leur louer des places..., U trouve le secret d'avoir sa part franche du spectacle. (I, 53.)

ÉTREy verbe substantif ou attributif :

Les jeter dans le parti de continuer d'e/re ce qu'ils sont, et de vous Imiater tel que vous êtes, (I, 338.)

Qui a vu la cour a vu du monde ce qui est le plus beau, le plus spéôeux et le plus orné. (I, 337.)

Entrer et perdre dans ces maisons est une même chose. (I, 169.)

£*a été autrefois mon entêtement, comme il est le vôtre. (I, 94a.) a matière a-t-elle dans son fond une idée aussi pure.... wjiest celle de l'esprit? (II, i56.)

L'envie.... est quelquefois séparée de la jalousie : comme est celle qu'excitent dans notre âme les conditions fort élevées au-dessus de la nôtre. (II, 41.)

Une belle arme.... est une pièce de cabinet..., qui xCest pas d'usage.

n semble que le héros est d'un seul métier, qui est celui de la guerre, et que le grand homme est de tous les métierf. (I, 161.)

Il te trouva.... à la tranchée,... sans être de garde ni commandé. (II, 33.)

Les manières d'un homme empressé sont de prendre sur soi l'événement d'une affaire qui est au-dessus de ses forces. (I. 61.)

Un Pamnbile, en un mot, veut être grand , il croit l'être ; il ne Test pat. il est d*après un grand. j[I, 357.)

Mira avec des gens qu'on aime, cela suffit. (I, aoi.)

Dft eourtisans qui parlent, qui rient, et qui sont à la chapelle avec moins de silence que dans Tanticbambre. (Il, i55.)

i/,4 LEXIQUE DE LA LANGUE [ÉTK

Un grand causeur..., s*il est tur les tribunaux, ne laisae pat la libetté de juger. (I, 49-)

Télèphe a de 1 Mprit, mais dix fois moins qu^il ne présume d^en aToîr :... il n'est donc jamais dans ce qu*il a de force et d étendue. (II, 65.)

Ëumolpe.... a eu un père.... qui s'étoit élevé si haut, que tout ce qa^il a pu souhaiter..., c'a été de Patteindre; et il Ta atteint. Étoit-ce danses deux personnages éminence d'esprit, profonde capacité? étoit-ce les conjonctures? (I, 17».)

Parler et offenser, pour de certaines gens, est,,,, la mémechose. (I, is6.)

La gloire ou le mérite de certains hommes est de bten écrire; et de quelques autres, c^est de n'écrire point. (I, i47*)

Cest à leurs parents à en prendre soin. (I, Su.)

Le meilleur de tous les biens,... c^est le repos, la retraite et on endroit qui soit son domaine. (I, SaG.)

L'occasion prochaine de la pauvreté, c'est de grandes richesies. (I, >6i.)

Il dit et il fait mieux qu'il ne sait ; ce sont en lui comme deux âma qui ne se connoissent point. (II, loa.)

Qui sait parler aux rois, c'est peut-être où se termine toute la pmdenee et toute la souplesse du courtisan. (I, 3 39.)

Les Altesses à qui je suis seront informées de tout ce que voua aret fiût pour moi. (II, 5i3.)

Goûtez bien cela ; il est de Léandre, et il ne me coûte qu^on graoïd merci. (I, 194.)

U faut avoir trente ans pour songer à sa fortune ; elle u*est pat fidte s cinquante ; Ton bâtit dans sa rieillesse, et l'on meurt quand on en est aax peintres et aux vitriers. (I, s59.)

La lune.... n'achève par jour que cinq cent quarante mille lienet : M n'est par heure que vingt-deux mille cinq cents lieues. (II, aSg.)

Il lui faudra.... quarante-un mille six cent soixante-six jours, qui smi plus de cent quatorze années, pour faire ce voyage. (II, 961.)

Cest une grande question s'il s'en trouve de tels (des athées) ; et quand il serait ainsi, cela prouve seulement quUl y a des monstres. (II, a4>0

Que seroit-ce de vous et de lui, si quelqu'un ne survenoit henremement pour déranger le cercle, et faire oublier la narration? (I, sao.)

Etre, absolument, exister :

Il y a quarante ans que je n'étois point, et qu'il n'étoit pas en moi de pouvoir jamais être, (II, aSa.)

Il y a cent ans qu'on ne parloit point de ces familles, qu'elles n^éteieul point. (I, a7a.)

La modestie n^est point. (II, 34.)

L'athéisme n^est point. (II, a4i.)

U y a un temps où la raison n'est pas encore, où Ton ne rit que psr instinct. (Il, a6.)

La guerre a pour elle l'antiquité ; elle a été dans tous les sièclei.

Toutes les occasions de vaincre qui se sont offertes, il les a embrassées; et celles qui n'étaient pas, sa vertu et son étoile les ont fait naître. (I, 161.)

L'on aimeroit qu'un bien qui n'est plus pour nous ne fàt plot auM pour le reste du monde. TII, 5i.)

Une puissance très-absolue,... qui ùte cette distance infinie qui est qnd- (jurfois entre les grands et les petits. (I, 391.)

î/cloquence profane est transposée pour ainsi dire du barreau,... on flic n'est plus d'usage, à la chaire, où elle ne doit pas être. (II, aao.)

Le sage ijui n'est pas, ou qui n'est qu'imaginaire, se trouve.... au-des-

fos de tous lei ëTënements... : pendant que Thomme qui est en effet sort de son sens. (II, 4.)

ÂriBy suivi d'un substantif sans article :

Us sont gens à belles arentures. (I, aSa.)

La gloire.... aime le remue-minage, et elle est personne d'un grand fracas. (II, i3o.)

Lei coureurs n^ont pu discerner si ce quUIs ont découvert à la campagne jiMtf amis ou ennemis. (I, 82.)

Le sot est automate, il est machine, il est ressort. (II, 66.)

La terre entière n^est pas espace par rapport à cet éloignement. (II, a63.)

La moquerie est souvent indigence d*esprit. (I, i35.)

Tout est tentation à qui la craint. (I, 180.)

La faire attendre (la justice), c'est injustice. (II, 113.)

Gest rusticité que de donner de mauvaise grâce. (I, 3i5.)

C^est médisance, c'est calomnie. (II, 444»)

Si la noblesse est vertu, elle se perd par tout ce qui n'est pas vertueux. (II, 169.)

érBXy substantivement :

Il doit son itre et sa conservation à une nature imiverselle. (Il, a53.)

Voyez n, a56, n. 40; U, 267, /. 37.

Garder sa place soi-même..., savoir les êtres de lai chapelle.... savoir où Ton est vu et où Ton n'est pas vu. (II, i5i ; voyez ibidem^ note 3.)

ÉTROIT, au figuré :

[II] entretint toujours un commerce étroit avec ce philosophe. (I, 19.)

Je me fais un devoir étroit.,., de les avancer tous aeux. (Il, 5oo.)

ÉTROITEMENT, au figuré :

Les choses que nous sommes étroitement obligés de faire. (II, 48.)

ÉTUDE, sens divers :

Hermippe est Tesclave de ce qu'il appelle ses petites commodités.... Il s*en £fiit une étude, (II, 196; voyez II, aos, /. 8, et ibidem^ note i, une variante fautive.)

Il n*y a si vil praticien qui, au fond de son étude sombre et enfumée..., ne se préfère au laboureur. (I, 395.)

Page 1